« T’es du Cap ? », c’est par ce nom « Cap » que les habitants du « Cap Sizun » nomment leur territoire.
Etre Capiste reste donc une identitĂ© forte, marque indĂ©lĂ©bile de ce territoire du Finistère, longue pĂ©ninsule rocheuse bordĂ©e par deux baies lĂ©gendaires. Au sud, celle d’Audierne et au nord celle de Douarnenez. Plus Ă l’ouest, comme un doigt pointĂ© sur le nouveau monde c’est l’île de Sein et au bout du bout la dernière roche d’Ar Men et son phare lĂ©gendaire qui, de sa lanterne magique, fait chaque nuit depuis 1881 ses clins d’œil protecteurs aux navigateurs venant d’ailleurs, en signe de bienvenue.
De nos jours, si l’activitĂ© de pĂŞche du Cap Sizun est surtout rythmĂ©e par les balais incessants des ligneurs et fileyeurs du raz de Sein et de la baie d’Audierne, la pĂŞche Ă la langouste, durant de nombreuses dĂ©cennies, a tenu une place importante dans l’activitĂ© portuaire.
Rien Ă©tonnant donc que la mĂ©moire des lieux, bercĂ©e par les marĂ©es nourricières d’une population tournĂ©e vers la mer devait avoir, Ă dĂ©faut de porte parole, un tĂ©moin vivant de ces pĂ©riodes que furent celles de la marine Ă voile.
Le langoustier Cap Sizun sera celui-lĂ .
A la fin des annĂ©es 1980, un courant culturel puissant incita les villes portuaires des cĂ´tes françaises Ă redonner vie Ă leur patrimoine maritime. Ce modèle qui existait dĂ©jĂ dans de nombreux pays anglo-saxons ou du nord de l’Europe prit ici un dĂ©ploiement spectaculaire et mĂ©diatique lors des premières fĂŞtes maritimes de Brest 1992, entre autres. De part son identitĂ© forte dans l’histoire de la pĂŞche, Douarnenez et les Ă©ditions Chasse-MarĂ©es furent Ă l’Ă©vidence des Ă©lĂ©ments dĂ©terminants dans ce processus de renouveau. Probablement aussi que la conscience politique du moment, avec la crise que traversait la pĂŞche et la destruction de nombreuses unitĂ©s de bateaux abandonnĂ©s sur les ronds points Ă l’entrĂ©e des ports, devait jouer un rĂ´le dans cette volontĂ© de survie.
Ainsi devait prendre naissance, sous l’impulsion et la dĂ©termination de quelques passionnĂ©s et de RĂ©mi Normand, charpentier de marine de profession, l’Ă©lan crĂ©atif et mobilisateur de la construction du « Cap Sizun ».
L’Ă©trave posĂ©e sera le point de dĂ©part de cette nouvelle aventure.
Mis Ă l’eau en 1991, ce langoustier, ambassadeur de l’identitĂ© Capiste n’a cessĂ© d’ĂŞtre entretenu rĂ©gulièrement pas des bĂ©nĂ©voles.
D’annĂ©e en annĂ©e de nouveaux adhĂ©rents arrivent, d’autres partent, tous motivĂ©s par ce processus de transmission et par le souci exigeant de faire vivre et durer ce patrimoine collectif.
Dans son prochain magazine « Chemins de traverse » qui sera diffusĂ© sur la chaĂ®ne locale TĂ©bĂ©o le 19 septembre 2026, l’Association « Moulin Ă Images » de Brest rendra hommage aux 35 annĂ©es d’existence du Langoustier Cap Sizun et au travail de ses adhĂ©rents qui se relayent pour que vive encore longtemps l’esprit des pĂŞcheurs du Cap et leurs rĂŞves de libertĂ©.





























