A propos Paul Kersaudy

Pratique la photographie en amateur, le théâtre et aime jouer avec les mots ...

Pour passer le temps …

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Confinement oblige. Quelle belle invention pour les dirigeants d’un monde déboussolé que celle de garder la main sur leurs peuples dociles. Tel un ours en cage, je cherche par tous les moyens à rompre l’isolement et la solitude. La vie ne vaut rien parait-il lorsque l’on a tout perdu. Pourtant comme dit le poète, l’être qui respire encore s’accroche à elle en clamant haut et fort que rien ne vaut la vie.
La lecture d’une biographie sur Arthur Rimbaud, que je viens de terminer, m’inspire.
J’ai aujourd’hui comme projet de porter mon regard sur cet ailleurs qui m’entoure et que si souvent, envahi par le tourment de quelques futiles occupations, je me suis abstenu de regarder.
Je voulais simplement parler de cette terre que l’humain foule de ses pieds avec tant d’arrogance, n’aspirant qu’à un seul but, en chasser les dites mauvaises herbes afin d’améliorer ses profits.
Aujourd’hui la nature prend sa revanche sur l’humanité démunie qui se disait éclairée. Alors que l’homme libre est en cage, rien n’arrête le renouveau du printemps.
Les rôles sont inversés. A présent, c’est la nature qui est aux commandes du monde.
Comme la poésie, qui ne s’adresse pas à la raison mais à l’âme de celles et ceux qui savent simplement se nourrirent de belles images et de la mélodie des saisons, regarder la nature, au raz de pâquerettes, sera le temps d’un après midi mon nouvel horizon.

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Photos prises dans le petit jardin de ma prison dorée, au 8ème jour du confinement...

Courage, fuyons

En pays bigouden, un jour de vraies vacances

Comme en 40
Les loups sont entrés dans Paris

Chantait jadis Serge Reggiani
Fuyant la capitale pour le paradis
Telle fut leur réponse, face à la pandémie.
Chimérique route des vacances
La guerre, encore la guerre
Tel est l’Homme et sa conscience.

Je me souviens de ces images d’après guerre lorsque j’étais enfant. Des files d’attente et des tickets de rationnements. Des heures peu glorieuses où l’on devait faire la queue et se taire, face à la puissance des spéculateurs. Aujourd’hui les magasins sont, pour le moment bien remplis, mais les yeux des hommes sont comme ceux des loups, pas encore assez grands…

Douarnenez, une vieille tradition

Chaque année, Douarnenez  sort de l’hiver en fêtant les Gras.

Manifestation officiellement encadrée depuis un arrêté municipal de 1835, cette tradition ancestrale prend ici tout son sens dans ce port du Finistère qui fut, depuis l’époque romaine, un des temples de la pêche sardinière.D’origine probablement païenne, remontant au moyen âge, c’est la fête de tous les excès dont la bien pensante société a toujours souhaité contrôler les règles, à défaut de pouvoir les imposer. Ici, à Douarnenez, où généralement la rudesse de l’hiver et les nombreuses tempêtes empêchaient les pêcheurs de travailler, l’arrivée du printemps annonce le retour à la pêche, gage des jours meilleurs. Face aux restrictions alimentaires, aux privations autant qu’aux frustrations sociales, cette période de “Miz du” (mois sombres), lorsqu’elle s’achève, fera exploser les interdits.
Alors finis les privations, le carême, l’abstinence contrainte. Que vivent fête et bombance, à nous les plaisirs. Car ici, dans le pays des Penn Sardin où il était de coutume de naitre dans la mythique “rue Monte au Ciel”, le Douarneniste, vous l’aurez compris, est toujours en route pour le Paradis.

Certes, le carnaval d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui que connurent les anciens, lorsque durant une semaine de fête, sans discontinuer, les nuits et les journées se confondaient dans une turbulente douceur de vivre, portée par l’insouciance. Le Douarneniste est robuste et un brin frondeur. Si dans beaucoup de villes du Finistère la tradition s’est parfois éclipsée, ici elle a la peau dure.

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Aussi c’est aux sons des fanfares et des danses endiablées que le premier jour, Den Paolig sera accroché au fronton des halles. Que la fête commence !
Du haut de sa suffisance  le “pauvre homme” observera, un brin amusé, le partage du kouign des Gras qui sera proposé aux participants (gâteau typique qui n’a rien à voir avec le célèbre kouign amann, le vrai, l’unique, fierté du Douarneniste). Preuve, s’il en est besoin, que le Douarneniste a aussi le sens du bon goût et de la convivialité.

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Les jours suivants, en cortège aux couleurs bigarrées, jeunes et moins jeunes défileront dans les rues du vieux port.

Le bal terminé, les rescapés de la fête reviendront sur les lieux de leur forfait.
Délicatement, ils décrocheront leur ami. Puis, telles des funérailles à la mode de la Nouvelle Orléans, c’est au son de la fanfare, jusqu’au bûcher brûlant,
que ce dernier sera accompagné.
« Les Gras sont morts, Vivent les Gras ! »

Si Douarnenez n’est pas la seule ville du monde à faire Carnaval, il y avait, au temps jadis, une tradition festive typiquement Brestoise dont peu de personnes aujourd’hui sont en mesure de témoigner. Probablement aurais-je l’occasion d’en reparler dans un prochain billet…