S’il est des artistes peintres originaux, Alex Robin, sans conteste, en fait partie.
Son humour n’engendre pas la mélancolie et la pertinence de son regard révèle une grande imagination.
Peindre sur des affiches est, avec le golf, un sport dans lequel il excelle également car la récupération de vieilles affiches, comme il dit : “C’est sportif !”
Si vous passez par Audierne (Finistère) une exposition de son travail est actuellement en cours au dessus des halles, dans la salle de “Art Ria”. Elle mérite d’être visitée.
“A boire et à manger “
Ainsi peut-on voir écrit sur le panneau d’accueil, à l’entrée des lieux.
Gestes barrières obligent, après avoir gravi les quelques marches métalliques de l’escalier en colimaçon, exercice sportif et musical qui vous fera penser à l’ascension d’un phare, votre regard s’illuminera à la vue des fresques impressionnantes qui tapissent les murs de la salle d’exposition.
Déjà, dans les années 60, l’homme qui n’était alors que lycéen s’amusait à récupérer dans le métro parisien des fragments d’affiches. Plus tard, fréquentant alors les cours d’art plastique, Alex fera la rencontre d’un certain Jacques Villeglé (plasticien Quimpérois né en 1926) qui appartenait au courant artistique de la “Nouvelle figuration” mouvement qui contribua dans les années 80 à l’avènement du Pop Art.
Pas étonnant donc que ces influences, avec son cortège de remises en question de la peinture et de ses codes, auront laissés des traces dans l’imaginaire fécond d’Alex Robin.
Une règle s’impose cependant à cet esprit rebelle, ne jamais récupérer des affiches dont les évènements sont en cours. Attendre que l’évènement soit depuis longtemps écoulé afin de récupérer la matière afin de la détourner. Car ces fragments d’affiches, collés, décollés, rassemblés comme des puzzles, serviront de support à une nouvelle narration, dont seul Alex a le secret. De cette matière récupérée, seront à nouveau régénérés des messages estompés de nos mémoires, des évènements passés.
Des personnalités oubliées reprendront alors les chemins d’une certaine renaissance, comme sur cette fresque réalisée par Alex Robin pour la nouvelle médiathèque de Plouhinec qui porte désormais le nom du célèbre sculpteur René Quillivic (1879-1969), enfant du pays.
Un bon moment d’échanges avec un artiste disponible et animé d’un grand sens du partage.
A travers ces fragments d’affiches, collées les unes par dessus les autres, à l’image des strates géologiques, c’est à la mémoire de la région et des évènements du passé qu’ Alex Robin redonne une certaine vie. Un artiste du futur doublé d’un passeur de mémoire.