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A propos Paul Kersaudy

Pratique la photographie en amateur, le théâtre et aime jouer avec les mots ...

L’âme de Moncontour

Il est des lieux où l’on aime revenir.
J’avais par le passé, lors d’une balade dominicale, traversé le petit bourg de Moncontour (22) et m’y étais arrêté pour flâner. Petite cité médiévale, aux remparts imposants datant du moyen âge, l’atmosphère paisible est propice à quelques rêveries sur un passé historique largement consacré à la production de toiles de lin et de chanvre.
Pas étonnant donc que du lin au chanvre on passe par la haute couture, pour évoquer cette nouvelle rencontre qui mérite d’être partagée. J’avais consacré, en 2013, un billet de blog sur le travail de Carolyne Morel et l’avais agrémenté de quelques photos en reconnaissance de l’accueil chaleureux qu’elle m’avait réservé.

Récemment, dans l’émission “Les plus beaux villages de France 2017”, Stéphane Bern déclarait : “Il faut que le village ait une âme”. Apparemment il ne l’a pas dû la trouver et Moncontour ne fut pas l’élu du jour.

Alors, pour rectifier cet injuste oubli, notre équipe de TV Résidences, une fois encore, s’est attelée à montrer les talents cachés de ceux qui font les âmes des “Plus beaux villages de France”.
Si  les chaînes de Télévisions Nationales ont souvent tendance à penser que Paris c’est la France, ce petit reportage rend hommage à toutes ces âmes régionales qui, à l’évidence, concourent aussi à la richesse et au dynamisme de cette « Douce France » jadis  chantée par Charles Trenet.

Par ce petit reportage, diffusé sur TéBéo et TéBéSud, nous vous adressons chère Carolyne un très bon anniversaire 2018 et vous souhaitons le meilleur pour vos futurs projets.

Face cachée d’un reportage

Le monde est devenu images et l’on parle peu du travail qui se cache derrière une production cinématographique, un reportage.
Dans ce nouveau billet je vais vous parler à nouveau tournage mais pas de « tournage sur bois » cette fois, bien que le bois se trouve à nouveau, avec ce billet de blog, au centre de mes propos.

Il faisait plutôt frais en ce matin de novembre et c’est une bien singulière rencontre à laquelle Dominique Kervestin nous avait conviés pour nous présenter sa passion pour le travail du bois et la sculpture en particulier.
A Plougastel, nous partons à la rencontre de cet amoureux des arbres.
Impatients de découvrir son univers et d’en savoir un peu plus sur sa pratique particulière, c’est en lisière de bois, sur les rives de l’Elorn, que l’homme nous avait donné rendez-vous.

Habitué à travailler en extérieur, sur des chantiers d’élagage, son sens artistique s’est vite développé au contact de cette nature qu’il vénère au point de tout abandonner pour vivre de son art.
L’environnement insolite d’une clairière est probablement aussi propice à guider cet imaginaire, qui conduira l’artiste à redonner vie aux arbres décimés par les tempêtes ou les affres du temps. Mais détrompez-vous, ici on la respecte la nature et la matière première que Dominique récupère pour exercer son talent est soigneusement collectée et transformée dans de poétiques renaissances.

L’équipe de tournage de TV Résidences, composée de Christine Arzur, René Landuré et Michel Salez, prépare le matériel, caméra, éclairages au besoin, micros pour les prises de sons.
Choisir les angles de prises de vues, s’accommoder de la lumière est le propre du caméraman et du cadreur. Le scénario s’impose de lui-même et le sujet, comme le travail de sculpture, se façonne comme par magie.Observant les gestes et les postures, écoutant attentivement les premiers commentaires des uns et des autres, l’homme de la voix off prépare, en retrait, les questions qui serviront de trame à l’interview.
Mais profitons de quelques images,avant que celles-ci ne s’animent et deviennent vidéo.


C’est au studio, qu’un peu plus tard, nous retrouverons Julie François. Une fois la collecte des rushs vidéo réalisée, son expertise de réalisatrice-monteuse va opérer lors de la phase ultime du montage.

Un autre regard se dégagera alors. Ce sera le temps du choix des images, de la construction du scénario, l’enregistrement des voix off et autres commentaires, la sélections des plans de coupes et séquences. Une « cuisine » subtile et contrainte en temps qui harmonisera le montage dans l’ombre et le silence du studio « André Moulin ». Dans quelques jours, les heures de tournage seront condensées dans une production de quelques minutes savamment sculptées. Puis ce sera à Tébéo de prendre le relais pour la programmation et la diffusion du magazine « Chemins de Traverse », pour le plus grand plaisir des fidèles téléspectateurs de la chaîne (canal 31 de la TNT).

Un travail d’équipe où les talents de vidéastes passionnés et bénévoles se conjuguent à ceux des professionnels pour une production, sur le territoire Brestois, qui ne demande qu’à être encouragée.

Un écrin nommé désir

Il y a dans tout héritage, des boîtes qui resurgissent du passé et dont on ne sait trop bien que faire. Une boîte à chaussures contenant les photos d’illustres inconnus, un ancien coffret à bijoux, vide, dont personne ne veut se séparer, car il espère toujours y placer, le jour venu, les “bijoux de famille” convoités.
Il en est de même pour des grandes villes historiques, dont les friches industrielles attendent silencieusement que renaissent du passé la richesse oubliée d’un patrimoine endormi. Le plateau des Capucins de Brest est de ces écrins que les héritiers doivent aujourd’hui transmettre aux nouvelles générations, avec le plus grand respect.
Adolescent, lorsque mes premiers voyages me conduisaient à explorer les musées de la capitale, dont celui de la Marine de Paris, au Trocadéro, j’avais pris conscience de la tentation maladive qu’avait notre pays à vouloir jalousement concentrer son patrimoine national à Paris. Les provinces étaient alors des déserts artistiques spoliés de leurs richesses, et pourtant. Le somptueux canot de l’Empereur Napoléon Ier aurait bien eu sa place à Brest autant que le plan Relief, trésor jalousement caché à Paris.
A Brest, il y avait bien le Musée des Beaux Arts, timide temple silencieux autant que poussiéreux qui détenait une riche et impressionnante collection d’œuvres d’arts cachées. A l’époque, il n’était accessible qu’à une poignée d’initiés. La Tour Tanguy, visitée par les Brestois et les touristes, était plus accessible et d’accès gratuit. Enfin, le Château, emblématique bastion militaire.
Attardons nous un peu sur lui. Nous étions dans les années 60. J’avais alors une dizaine d’années. Les sites touristiques de la place de Brest étaient limités à quelques vestiges rappelant hélas les horreurs de la guerre, la ville ayant été détruite à plus de quatre vingt dix pour cent et bien entendu la visite du Château de Brest restait l’incontournable lieu de la culture locale où était conservé le passé de la cité maritime.Les sculptures impressionnantes de Yves Collet et les peintures des frères Ozanne y avaient une place de premier choix, illustrant la grandeur du port de guerre de Colbert et son arsenal, jadis voulu par le Cardinal de Richelieu.

C’est au moment de cette tentative de visite initiatique au Château de Brest, que je découvrais, incrédule, les drôles de lois culturelles de mes aînés. Nous étions tolérés, nous résidents français, en montrant cependant patte blanche, à visiter le Château, mais pas nos amis Américains. Le « Grand Général » venant de se fâcher avec l’oncle Sam, avait interdit toutes visites à nos cousins lointains, alors même que celles-ci étaient autorisées à nos cousins Germains, au nom de la grande réconciliation. J’avais du mal à comprendre. Probablement que je dois à ce jour, ma première crise métaphysique pré-adolescente.
Aujourd’hui les temps ont changé et beaucoup de lieux, jadis interdits au “public”, sont désormais accessibles au plus grand nombre. S’appuyant sur la transformation profonde de la société et l’abandon de sites industriels, le Service du Patrimoine de la Ville de Brest accompagne depuis plusieurs années cette mutation devenue universelle pour beaucoup de villes, dans laquelle les friches industrielles deviennent de hauts lieux de culture. On ne peut que s’en réjouir.

Aujourd’hui l’immortel Plateau des Capucins est comme ces boîtes vides que j’évoquais en début de billet. Oui, je sais, les esprits chagrins vont me dire, “On a la plus belle médiathèque de France”. Appréciation par ailleurs formulée récemment par un autre Immortel,  Eric Orsenna lors de son dernier passage à Brest. Il n’en demeure pas moins que ce lieu est encore pauvrement exploité et les mises en scène apportées aux quelques machines exposées, bariolées de leurs guirlandes de Noël, donnent à l’espace un petit air de foire du Trône à défaut de rendre hommage au monde ouvrier.Pour l’heure, place aux suggestions et comme nous sommes en périodes de vœux il est permis d’espérer qu’enfin, avec la nomination de Brest comme Ville d’Art et d’Histoire, un certain nombre de bijoux de famille puissent prendre place dans ce beau site des Capucins.

Aujourd’hui le Musée de la Marine du Trocadéro a fermé ses portes pour 5 ans, n’est-ce pas une belle opportunité pour accueillir, à Brest, le superbe Canot de l’Empereur Napoléon Ier, puisque nous avons l’écrin ?
Un juste retour des choses, pour ce canot Impérial, construit à Anvers en 1810, mais qui viendra à Brest en 1814 pour se parer de la figure de proue représentant Neptune. Celle-ci fut réalisée par les sculpteurs de l’Arsenal de Brest avant la visite de Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie en 1858.

 

Le canot resta à Brest jusqu’en 1943, date à laquelle il partit se réfugier à Paris pour échapper aux lourds bombardements de la cité du Ponant. Soixante quinze ans d’exil.
La guerre étant finie, il est peut-être venu le temps, pour lui, de rentrer au port.
Retour de l’enfant prodigue, enfin dévoilé. Nous sommes en décembre 2020 …