Libre comme l’oiseau

Partout sur les chaînes d’infos les hommes et les femmes se déchirent, s’invectivent …

Dans les rues de toutes les capitales, d’un monde qui se dit civilisé, la colère enfle.
Les poulets contre les autruches, les loups mangent les agneaux et le général Vegan prépare le grand assaut final contre la planète déboussolée.

Alors j’ai décidé l’espace d’un court instant de faire moi-même l’autruche.
Seul sur une plage du bout du monde de cette Bretagne au caractère bien trempé, par les embruns du large autant que par les pluies hivernales, je suis parti à la rencontre d’un “Sage” pour lui demander conseil.

Ayant fui depuis bien longtemps les embouteillages parisiens je continue malgré mon âge avancé à rêver que cette place, qui n’a de nom que Concorde, puisse un jour sous les pavés retrouver sa plage.

Dans le silence, d’un bois, d’une forêt,
Le murmure d’une cascade,
Le bruissement du clapot des vagues,
Je l’ai longuement accompagné …

Probablement le dernier billet d’une année bien chargée.

Brest, hommage à Victor Segalen

               Le soleil illuminait la rade de Brest, en ce soir d’automne.
Contredisant Prévert à l’adresse de Barbara, Victor Segalen rayonnait par la puissance poétique de ses textes, interprétés par de talentueux lecteurs brestois.

Soleil rasant en cette fin de soirée douce et fraiche du 3 décembre 2019.
Ambiance feutrée, intime presque. Sans nostalgie aucune, la poésie des vers et les notes de musiques confinaient l’espace discret du jardin du Cours Dajot, dans une bulle de recueillement. Les mouettes du port du Ponant avaient pour l’occasion suspendu leurs ricanements salins.

Inspirées par la mélodie polynésienne d’un Norbert en verve, s’invitant à la table, l’ombre de Gauguin et celle des Marquises planaient sur l’estacade maritime avec cette douceur du temps qui passe qui n’appartient qu’aux poètes disparus.


Cérémonie organisée par l’ASNOM (Association Amicale de Santé Navale et Outre Mer) en partenariat avec la municipalité de Brest et
l’Association Brestoise des Amis de Victor Segalen.

Dans de précédents billets, Victor Segalen fut souvent évoqué dans la cité brestoise.
Avec cette année 2019, centenaire de sa disparition, se referme une année particulièrement riche en manifestations culturelles. Gageons que la jeunesse brestoise sache perpétuer  longtemps encore sa mémoire en découvrant son œuvre.

Cà, c’est du Pinard !

Dans l’un de mes précédents billets j’avais évoqué le Médecin Laënnec et son invention révolutionnaire : le stéthoscope.
Intrigué par son histoire, je m’étais amusé à réaliser au tour à bois une reproduction conforme de l’instrument, en m’appliquant à le faire avec le même respect des processus de fabrication en vigueur à l’époque.

Ce petit exercice de style m’avait conduit à m’intéresser de près aux techniques d’auscultations médicales. Je découvrais donc que l’invention, au fil du temps, avait ouvert la voie à l’imaginaire de médecins spécialistes en tout genre et que très vite ceux-ci se sont ingéniés à adapter l’instrument d’investigation médicale à leurs spécialités.
Si aujourd’hui ces instruments ont été relégués aux cabinets de curiosités, remplacés par des techniques sophistiquées appelées Doppler, échographes et j’en passe, le plus beau des instruments et le plus poétique reste pour moi celui qui permet d’être à l’écoute des premiers battements de cœur de la vie, celui de l’embryon devenant fœtus qui, dès l’âge de quelques dix-huit semaines, se fait entendre dans le ventre de la mère.

Ainsi, appliquant les lois de l’acoustique et s’appuyant sur la découverte du Dr Laënnec, le Docteur Adolphe  Pinard, obstétricien et homme politique français (1844-1934) imagina son instrument d’écoute obstétrical qui désormais portera son nom.

Pour preuve que cet instrument est relégué aux oubliettes, j’ai voulu m’en procurer un exemplaire comme modèle. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque m’adressant au jeune pharmacien de mon quartier je lui demandai : “Je voudrais un stéthoscope de Pinard, s’il vous plait.
Visiblement ne connaissant pas la “chose”, le jeune apothicaire me regarda en souriant et l’air incrédule me répondit en me montrant du doigt l’estaminet voisin :
Désolé, mais pour le Beaujolais nouveau il faut s’adresser en face !
Un comble lorsque l’on sait que le doux breuvage est incompatible avec l’attente
d’un bébé !

Pour ceux que cela intéresse, quelques données techniques de réalisation du modèle que je viens de réaliser en eucalyptus, c’est parait-il bon pour la respiration..

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