Rencontre avec Victor Segalen (3)

Si les jardins sont souvent associés à la poésie, à la rêverie portée par la nonchalance, les cabinets de curiosités sont des espaces où l’imaginaire est en proie au questionnement. Ayant travaillé dans le domaine de la radiologie médicale durant de nombreuses années, sillonnant les départements de Bretagne ou d’île de France, j’ai parfois rencontré des médecins à la fantaisie surprenante. En fonction de leurs spécialités chacun rassemblait dans des vitrines, comme le font les chasseurs avec les trophées, des collections d’objets aussi invraisemblables que variés. Des fioles contenant je ne sais quelles pièces anatomiques, des insectes, des collections de radiographies ou de photos extravagantes, parfois dénuées de significations scientifiques, des instruments aussi insolites qu’effrayants, surtout lorsque l’imaginaire n’a pas les codes nécessaires à la compréhension. On a tous dans nos mémoires d’enfants l’image de la pince de l’arracheur de dents. Le musée de médecine navale de Rochefort est probablement l’un des plus complets à ce sujet.

Pas étonnant donc que les médecins voyageurs durent, au cours de leurs circonvolutions maritimes, croiser les chemins de médecines éloignées de leurs propres pratiques. L’échange étant toujours bénéfique à la connaissance, fidèles à la philosophie des explorateurs du Siècle des Lumières, les médecins et scientifiques rapporteront de leurs périples, échantillons de plantes, coquillages, papillons et une multitude d’objets inconnus voire mystérieux. Au 19ème et jusqu’au milieu du 20ème siècle se développèrent beaucoup de cabinets de curiosités.
La salle d’honneur de l’hôpital maritime de Brest fut à cet égard, de nombreuses années durant, le siège d’un vrai musée dans lequel on pouvait voir des collections de papillons, des écrits de personnalités, des photos anciennes, même une jambe de bois.

Jambe de bois sculpté provenant des îles Marquises

Bref, des objets provenant de différents continents, tous rapportés ou offerts par de généreux donateurs, au premier plan desquels bien évidemment Victor Segalen.
S’il m’est arrivé de répertorier ces collections d’objets lors de mon travail, je me souviens particulièrement d’une plaque de bois exotique noire, laissée par un donateur et dont la signification interpelait les plus érudits de nos médecins. Ces interrogations devaient éveiller en moi une certaine curiosité au point que j’en conservais une épreuve photographique, me disant qu’un jour peut-être je croiserais les pas d’un chinois, susceptible d’éclairer ma lanterne. En reprenant la lecture de « Stèles » je me suis remémoré l’existence de cette photo mystère dans mes archives. L’heure est venue de vous la proposer.

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Probablement que cette tablette servait à l’impression puisqu’il semble que les idéogrammes sont gravés à l’envers. Par un effet miroir, il est aujourd’hui possible d’avoir l’écriture dans un sens plus déchiffrable …. Alors, si par un heureux hasard, un spécialiste venait à lire cette page, je serais comblé qu’il m’informe du sens et du contenu du document.
Rien ne dit cependant que cette plaquette fut rapportée par Victor Segalen, mais la Chine ayant été sa cour de récréation et ses recherches archéologiques sources d’inspiration, peut-être qu’un lecteur attentionné pourra en décrypter le message et ainsi trouver l’énigme qui me questionne depuis tant de décennies.

Ainsi est née ma curiosité pour le personnage de Victor Segalen et ses poésies aux allures de carnets de voyages. Alors, tant qu’à commencer le voyage, continuons le encore un peu, en théâtre cette fois …. (la suite dans un prochain billet)

Face cachée d’un reportage

Le monde est devenu images et l’on parle peu du travail qui se cache derrière une production cinématographique, un reportage.
Dans ce nouveau billet je vais vous parler à nouveau tournage mais pas de « tournage sur bois » cette fois, bien que le bois se trouve à nouveau, avec ce billet de blog, au centre de mes propos.

Il faisait plutôt frais en ce matin de novembre et c’est une bien singulière rencontre à laquelle Dominique Kervestin nous avait conviés pour nous présenter sa passion pour le travail du bois et la sculpture en particulier.
A Plougastel, nous partons à la rencontre de cet amoureux des arbres.
Impatients de découvrir son univers et d’en savoir un peu plus sur sa pratique particulière, c’est en lisière de bois, sur les rives de l’Elorn, que l’homme nous avait donné rendez-vous.

Habitué à travailler en extérieur, sur des chantiers d’élagage, son sens artistique s’est vite développé au contact de cette nature qu’il vénère au point de tout abandonner pour vivre de son art.
L’environnement insolite d’une clairière est probablement aussi propice à guider cet imaginaire, qui conduira l’artiste à redonner vie aux arbres décimés par les tempêtes ou les affres du temps. Mais détrompez-vous, ici on la respecte la nature et la matière première que Dominique récupère pour exercer son talent est soigneusement collectée et transformée dans de poétiques renaissances.

L’équipe de tournage de TV Résidences, composée de Christine Arzur, René Landuré et Michel Salez, prépare le matériel, caméra, éclairages au besoin, micros pour les prises de sons.
Choisir les angles de prises de vues, s’accommoder de la lumière est le propre du caméraman et du cadreur. Le scénario s’impose de lui-même et le sujet, comme le travail de sculpture, se façonne comme par magie.Observant les gestes et les postures, écoutant attentivement les premiers commentaires des uns et des autres, l’homme de la voix off prépare, en retrait, les questions qui serviront de trame à l’interview.
Mais profitons de quelques images,avant que celles-ci ne s’animent et deviennent vidéo.


C’est au studio, qu’un peu plus tard, nous retrouverons Julie François. Une fois la collecte des rushs vidéo réalisée, son expertise de réalisatrice-monteuse va opérer lors de la phase ultime du montage.

Un autre regard se dégagera alors. Ce sera le temps du choix des images, de la construction du scénario, l’enregistrement des voix off et autres commentaires, la sélections des plans de coupes et séquences. Une « cuisine » subtile et contrainte en temps qui harmonisera le montage dans l’ombre et le silence du studio « André Moulin ». Dans quelques jours, les heures de tournage seront condensées dans une production de quelques minutes savamment sculptées. Puis ce sera à Tébéo de prendre le relais pour la programmation et la diffusion du magazine « Chemins de Traverse », pour le plus grand plaisir des fidèles téléspectateurs de la chaîne (canal 31 de la TNT).

Un travail d’équipe où les talents de vidéastes passionnés et bénévoles se conjuguent à ceux des professionnels pour une production, sur le territoire Brestois, qui ne demande qu’à être encouragée.