Louisiane (4)- De Lafayette à Lapeyrouse

Carte-CocodrieNouvelles rencontres en ce matin du 23 juin 2013. Nous avions quitté Thibodaux  très tôt le matin, pour prendre la direction de Houma, petite ville dans laquelle nous ferons une halte matinale afin de réserver une chambre dans un B&B, cette adresse étant référencée dans le Guide du Routard.
Conforme aux descriptifs des lieux, nous sommes chaleureusement accueillis par la propriétaire Audrey George. A peine installés, cette personne d’origine Cajun, parlant un français impeccable, nous préparait déjà le programme de la journée.

Rendez-vous Gospel
En moins d’une heure nous voici propulsés au sein d’une communauté Baptiste, comme ici dans cette église de Houma, « New Rising Sun Baptist Church« .

New-Rising-Sun-Baptist-ChurchC’est dans une ambiance musicale survoltée, transportés littéralement par les chants Gospel d’une assistance enthousiaste, parmi laquelle nous n’étions que les seuls blancs, que nous seront accueillis. Quelle atmosphère surprenante, lorsque le Pasteur, annonçant à l’assistance la présence de deux français, les regards se tourneront vers nous et notre présence sera saluée par de chaleureux applaudissements. Nous aurions préféré faire plus discret. Scène inimaginable dans une petite chapelle bretonne. Nous vivrons ici une expérience inoubliable, en immersion totale avec une tradition authentique très éloignée des schémas touristiques classiques. Nous sommes ici au plus près de la culture noire américaine et de la ferveur religieuse si propre à l’Amérique.

Direction le sud
L’office terminée, qui dura cependant deux bonnes heures, nous prendrons la direction du golf du Mexique, vers le petit port de pêche de Cocodrie.
Audrey nous avait décrit ce lieu comme « leur bout du monde », cette côte sauvage d’où arrivèrent tant de catastrophes pétrolières ou climatiques.
L’ouragan Katrina y a laissé encore de nombreux stigmates. Toute la côte, qui est de fait l’embouchure du Mississippi, sur une ligne Morgan City-Houma-Nouvelle Orléans, est une vaste zone marécageuse, comme on peut très bien le voir sur la carte en tête de cet article.

Cocodrie-Marais

L’étendue des bayous est visible de cette plateforme d’observation (Marine University of Cocodrie)

Cocodrie-Pointe

Cette étendue est au dessous du niveau de la mer, ce qui donne parfois des images insolites comme ces maisons sur pilotis.

Cocodrie-MaisonCertains endroits sont à plus de 3m au dessous du niveau de la mer, ce qui encourage encore plus les habitants à des précautions toujours plus ingénieuses comme parfois même le haubanage des maisons (à ne pas confondre avec les câbles électriques).
On se demande parfois ce qui incite les habitants à rester dans des espaces aussi hostiles car le pays est très plat et la prise au vent de ces constructions en bois rend les édifices particulièrement vulnérables aux vents violents.

Une nouvelle rencontre étonnante
Le petit port de Cocodrie encerclé de marécages est un endroit idéal pour les élevages d’écrevisses (crawfishs) et surtout la pêche à la crevette (shrimp).

Lapeyrouse

Pêche à la crevette, à l’écrevisse mais aussi au « blue crabe », étrange bestiole aux pattes bleues.

Lapeyrouse-2Nous ferons une nouvelle rencontre, pour le moins inattendue, en découvrant sur le fronton d’un établissement, l’intitulé suivant : « Lapeyrouse Grossery ».
A la fois terrain de camping, alimentation, bar, le lieu est surtout un important complexe de conditionnement de la crevette sous des formes assez étranges pour un breton, crevettes séchées, lyophilisées ou en poudre pour des préparations culinaires.
Curiosité aidant, nous rencontrerons les propriétaires des lieux, Terry et Rosalie Lapeyrouse, avec qui nous parleront longuement de leurs origines françaises, évoquant par la même le célèbre navigateur.

Lapeyrouse-1

Outre les bateaux, la crevette se pêche à partir de filets disposés le long de pontons.

O-LapeyrousePeu fier de nous raconter l’histoire de son hypothétique descendance, dont il semble bien connaître les origines et le destin tragique du navigateur, je parlerais avec Terry Lapeyrouse de cette bonne cité du Ponant d’où nous venons et évoquerais avec lui la fresque historique qui fut donnée en l’honneur de l’expédition Lapérouse de 1785, pour les «Tonnerres de Brest 2012».
Nous avions touché un point sensible de leur patrimoine familial. Les cajuns comme beaucoup d’américains de souche française ont à l’égard de leurs racines, une curiosité et un intérêt qui m’ont toujours laissé admiratif. J’ai relevé dans le bottin de la petite ville de Houma, pas moins d’une soixantaine de noms de famille Lapeyrouse.

Ici, un dimanche se termine toujours en musique
La journée n’est pas terminée pour autant. Après les chants Gospel du dimanche matin,  Audrey nous avait concocté une autre surprise musicale, en nous donnant l’adresse d’un «Fais dodo» aux sons de l’accordéon.
Tous les dimanches soirs, les cajuns de Houma aiment à se donner rendez-vous à Jolly Inn, un restaurant bistrot assez désuet mais au charme certain et à l’ambiance garantie. Un endroit où l’on écoute de la musique Cajun en famille et où surtout, on danse. « Fais dodo » était, parait-il, la consigne donnée aux enfants afin qu’ils aillent se coucher et ainsi permettre à leurs parents de partir danser. Ici à Jolly
Inn l’orchestre favori est « Couche couche », tout un programme.

Jolly-Inn-1

Le « Fais dodo » dominical, passage obligé pour danser sur des airs de musique Cajun.

Jolly-Inn-2Notre arrivée sera vite remarquée, et là encore les français sont accueillis très chaleureusement. Nous sommes rapidement pris en main pour quelques pas de danse (two steps) mais aussi pour parler le Français.
Bientôt nos tables ne font plus qu’une et l’ambiance, à la fois très rétro mais si amicale, est si sympathique que nous aurons bien du mal, l’heure venue, de nous quitter.
Jolly-Inn-Wash-Board_thumb.jpg

 

Pas de musique sans la fameuse « Wash board » dont le design a bien changé depuis ses origines où l’instrument, appelé ici « frottoir à linge », était tout simplement une planche à laver en tôle ou en verre ondulé.

Merci encore à Sue pour les excellentes pâtisseries que vous nous avez offertes en signe de bienvenue.

 

 

Pour voir l’article précédent « La Lousiane (3)- Lafayette,terre française », cliquer ici.

…Prochaine étape, la capitale, « Baton Rouge »

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