C’est par un voyage maritime, d’île en île, le long des côtes bretonnes, que nous entraine Serge Oliero avec son film documentaire empreint de poésie et de belles rencontres.
Des côtes de granit rose de l’île de Bréhat, du paisible jardin botanique de l’île de Batz, aux turbulents courants légendaires de la mer d’Iroise, nous fermerons la parenthèse insulaire par l’identité légendaire bretonne des îles du Morbihan. A n’en pas douter, par ce cocktail d’images et de témoignages, le spectateur se mettra en quête de nouveaux horizons.
« Saluez riches heureux Ces pauvres en haillons Saluez, ce sont eux Qui gagnent vos millions … »
Tout Douarneniste, d’un âge certain, se rappellera certainement cette chanson, fredonnée à maintes occasions, lors de fêtes de familles ou de célébrations commémoratives.
Plus connue comme étant le « Chant des sardinières », entonné lors des célèbres grèves des années 1920, cette chanson, autant que les luttes ouvrières, aura probablement inspiré Jacques Prévert.
En juin 1935, pour le spectacle « Suivez le Druide » qu’il écrira pour le groupe Octobre, à l’occasion d’une fête bretonne, il publiera :
Chanson des Sardinières
Tournez tournez petites filles tournez autour des fabriques bientôt vous serez dedans tournez tournez filles des pêcheurs filles des paysans
Les fées qui sont venues autour de vos berceaux les fées étaient payées par les gens du château elles vous ont dit l’avenir et il n’était pas beau
Vous vivrez malheureuses et vous aurez beaucoup d’enfants beaucoup d’enfants qui vivront malheureux et qui auront beaucoup d’enfants qui vivront malheureux et qui auront beaucoup d’enfants beaucoup d’enfants qui vivront malheureux et qui auront beaucoup d’enfants beaucoup d’enfants beaucoup d’enfants…
Tournez tournez petites filles tournez autour des fabriques bientôt vous serez dedans tournez tournez filles des pêcheurs filles des paysans.
A travers un parcours urbain, la ville de Douarnenez célèbre en 2024, le centième anniversaire de ces grèves. Ainsi, en partenariat avec l’office du tourisme et l’association culturelle Emglev Bro Douarnenez, l’illustratrice Marianne Larvol, nous propose une déambulation à travers la ville.
Chaussez donc vos chaussures de marche et venez découvrir, ces belles illustrations éphémères, placardées sur les façades ou pignons d’habitations et qui relatent l’histoire tourmentée des Penn Sardin…
Ce n’était pas, à proprement parlé, un arbre remarquable, mais l’endroit l’était.
Et bien plus que l’endroit, cette façon de pousser lui était singulière. Enlaçant de ses racines profondes comme le feraient les tentacules d’une pieuvre, cette roche millénaire s’était fendue de son étreinte amoureuse. Le lieux était apaisant, tranquille et reposant. Les arbres aux alentours, de leurs écorces vieillissantes, hébergeaient toutes sortes de locataires. Le jour, les coups de becs répétés du pic vert se faisaient entendre et le soir venu, les chouettes et oiseaux nocturnes y trouvaient refuge. Ce havre de paix de la nature, que l’on dit sauvage, étaient pour les promeneurs et amoureux des oiseaux, un refuge poétique, éloigné des querelles des humains. Le 2 novembre 2023, la tempête Ciaran dévastait les côtes bretonnes, détruisant à tout jamais des hectares de bois et de végétation.
Retournant sur les lieux, incrédules, nous ne pouvons que constater que la nature aussi, à sa façon, sait exprimer ses querelles aux savants humains que nous prétendons être. Dans sa grande dignité, l’arbre conserve encore sa superbe et dans son insolente chevelure qui s’offre à mon regard il me dit à l’oreille : « Contrairement à toi humain, même mort mon bois restera toujours vivant ».
Bon ! nous sommes le 7 juillet 2024, il est temps pour moi maintenant, d’aller voter.