Guerre et Paix

Il y a plus de 40 ans, j’avais photographié, dans le garage d’un petit bourg du Finistère, une voiture à l’apparence insolite. J’avais à l’époque retenu de cette voiture que c’était une Messerschmitt, sans autre élément de réponse à ma curiosité, sinon le rappel d’un nom évocateur des heures sombres de la seconde guerre mondiale, que je n’ai pas connue. En retrouvant quelques vieilles photos couleur dans mes archives, datant des années 70, je viens, par la même occasion de me documenter sur ce véhicule particulier. Wikipédia, qui n’existait pas à l’époque, vient combler mon inculture sur le sujet et par la même me réconcilier avec l’aspect négatif de l’information diffusée parfois sur internet.

Un peu d’histoire : Tout comme la première guerre mondiale, la seconde laissa beaucoup de personnes blessées, handicapées à vie. C’est alors qu’un ingénieur allemand, Fritz Fend, qui travaillait pour le tristement célèbre avion Messerschmitt, étudia un véhicule mu par la simple force musculaire. Je me souviens, enfant, de voir beaucoup de ces voiturettes conduites par des handicapés, dont le mouvement propulsif semblable à celui d’un vélo, m’intriguait. Mais contrairement au vélo, puisque ces personnes étaient amputées des deux jambes, la motricité du pédalier était actionnée à la seule force des bras.
Dans les années 50, ces mécaniques évoluèrent avec l’adjonction d’un moteur 2 temps, et d’une carrosserie protectrice rappelant le cockpit d’un avion. Une seule roue directrice arrière était activée par un guidon, pas encore un volant.

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Ce véhicule, qui resta commercialisé jusqu’en 1964, fut un exemple d’effort d’adaptation de l’industrie de l’armement, au service des handicapés de guerre.
Dans nos périodes troublées de tensions conflictuelles entre les nations, ces images m’interpellent encore et me font rêver d’une industrie, qui ne serait qu’au service de la paix.

 

En mai, fais ce qu’il te plait

Le pignon du “Café de la côte” était resté silencieusement terne depuis plusieurs années, date de la dernière apparition de ces messages subliminaux, insolites graphismes en noir et blanc auxquels je commençais à m’habituer. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, le dernier affichage sauvage date de 2014. Depuis plus rien.

Empruntant régulièrement cette longue ligne droite qui me mène dans le Cap Sizun, je m’étais habitué à ces rendez-vous poétiques au point d’en collectionner les images éphémères et d’en devenir accro. Périodiquement donc, un(e) artiste qui ne m’est plus tout à fait inconnu(e) colle, dans l’indifférence supposée des automobilistes pressés, ses œuvres éphémères sur le pignon d’une masure abandonnée, redonnant pour quelques heures à ce bistrot délabré une présence mystérieuse et insolite.
Pendant longtemps je m’étais questionné sur l’artiste, auteur(e) de ce « land art », trouvant sa démarche originale et ses messages énigmatiques.

Aujourd’hui, après une très longue absence, il (elle) réapparaît et nous propose, à sa façon, de SINGER, de SONGER, de CHANGER à moins que d’autres combinaisons ne bousculent nos méninges en CHANSON ou autres mélodies “for SINGER”, c’est comme il vous plaira. Ne sommes nous pas encore en mai ?

L’esprit de 68 plane toujours sur ce Cap où il est si tentant, de faire ce qui nous plaît.Cliquer ici pour voir les précédentes affiches.