Dentelle et vague en transparence

Pors-Loubous-aDepuis la nuit des temps, les vagues qui, au cours des tempêtes, façonnent les côtes sauvages du Cap Sizun, sculptent les roches et dessinent sur le rivage de bien étonnantes fresques poétiques.
Ont-elles, un temps, inspiré les brodeuses des coiffes Capistes, Penn-Sardin ou Bigoudènes ?

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Sous le regard attentif d’anciennes brodeuses et d’une dentellière adepte du point d’Irlande.

Broderie-JK-aLa nature a souvent guidé la main de l’homme dans ses réalisations complexes et délicates.
Que ce soit pour la beauté gratuite ou par nécessité de se doter d’accessoires indispensables à sa vie quotidienne, le « manuel » a toujours su ajouter à son travail la petite touche artistique qui caractérise l’esprit compagnon, celui du beau travail.
Si la machine est aujourd’hui capable de remplacer la main dans ses tâches répétitives, produire en nombre et à bas coûts des objets clonés, rien ne pourra remplacer la passion de réapprendre les gestes ancestraux pour créer d’authentiques pièces uniques, signatures d’excellence et d’un savoir faire maîtrisé.

La transmission de ces gestes réclame patience et enthousiasme.
Cette nouvelle page de blog, dédiée aujourd’hui à la dentelle, mais qui pourrait l’être aussi à la broderie, est à mettre au crédit de David Le Gac,
pour la grande satisfaction de ses stagiaires.

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Apprentissage et patience …

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Dextérité et précision, pas de droit à l’erreur …

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Mais au bout du long chemin, c’est la récompense.

Quelques précédents billets abordant le même thème

Pour en savoir plus sur l’histoire de la dentelle en pays Capiste, je vous recommande la lecture de l’excellent ouvrage :
« De la crise de la sardine à l’âge d’or de la dentelle »
Mémoires-Editions Ouest-France.

 A bientôt pour un prochain billet …

Devinette du 1er avril 2014

Ampoule

 

 

 

 

 

 

 

Qu’est-ce donc cette chose bizarre ?

  •   Une lampe à arc
  •   Un kénotron
  •   Une lampe de phare maritime
  •   Un tuba vide

La réponse n’est pas dans l’une de ces propositions, mais l’une d’entre elles doit vous y conduire …

Images sous X (2) – Le masque

Si cette période de Mardi Gras m’incite à parler aujourd’hui de masques, c’est pour évoquer une technique radiographique bien originale dont j’avais presque oublié la pratique.
Main-Masque

En radiographie, la technique du masque est surtout utilisée lors d’examens particuliers destinés à explorer le système artériel ou veineux.
Mais je vais faire simple, car mon propos ici n’est pas de parler technique médicale, simplement de détourner l’image scientifique de sa fonction initiale pour parler de l’aspect artistique qu’elle m’inspire.

Une petite explication cependant
Pour radiographier le système artériel ou veineux, il est nécessaire d’injecter un produit qui soit opaque aux rayons X.
C’est ce que l’on appelle communément, le produit de contraste.

Masque-ArterioAL’inconvénient de ce procédé est que les parties du corps les plus denses, les os en particulier, sont aussi opaques aux rayons X.
Cela rend donc la lecture et l’interprétation des radios plus délicates.
L’astuce photographique consiste dont à masquer sur le cliché, ces éléments indésirables.
Sur le cliché de droite, correspondant à une artériographie carotidienne, on ne voit pratiquement plus la structure de la boite crânienne ce qui permet d’obtenir une très bonne lisibilité du système artériel et veineux.

Comment procède-t-on ?
En prenant une radiographie de la zone à examiner avant toute injection, nous obtenons une image dont il est facile d’obtenir une image positive avec un film particulier (masque).   —> Ce qui est blanc devient noir et réciproquement.

Il sera alors facile de superposer ce masque au cliché obtenu, après injection du produit de contraste, pour obtenir une nouvelle image par soustraction, sur laquelle n’apparaîtront que les éléments attendus.
C’est simple, il fallait y penser.
Les post-traitements que permettent certains logiciels photos comme Photoshop ou Gimp reposent sur des principes similaires.
Cette technique, largement employée en radiologie au cours de la deuxième moitié du XXè siècle était déjà de type post-traitement car réalisée en labo photo après l’examen.
Elle est maintenant tombée en désuétude depuis les années 2000 avec l’apparition des traitements informatisés des images radiographiques que permettent scanners, échographes et bien autres matériels d’explorations médicales.
Epoque désormais révolue, en effet, où les radiologues, physiciens et apprentis chimistes à leurs heures, développaient leurs films à l’ancienne.
Il est donc loin ce temps où les odeurs d’éther se mélangeaient à celles des produits révélateurs ou fixateurs.
Dans le traitement de ces images, l’œil du technicien, photographe scientifique de surcroît, devait être animé par la rigueur nécessaire qu’impose toujours la recherche du détail.
A l’époque, cette précision conditionnait le diagnostic qui en découlait et il n’était pas rare de rester de longues minutes, dans l’obscurité, à la rechercher de la « meilleure superposition possible ».

L’arbre qui cachait la forêt
En croisant l’autre jour, sur mon chemin, un arbre mal mené par la tempête, mon esprit s’est mit à dériver.
Clair-Obscure

Derrière cette dernière image où la perception du réel, laisse place à l’imaginaire, j’ai ressorti d’une forêt d’archives médicales, quelques unes de ces « belles images » qui depuis bien longtemps ont livré leurs secrets.
Il est parfois des clairs obscurs qui ressemblent étrangement à ces clichés radiographiques, insolites images issues d’une exploration peu commune. Ne trouvez-vous pas ?