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A propos Paul Kersaudy

Pratique la photographie en amateur, le théâtre et aime jouer avec les mots ...

Bouteille à la mer (1)

Quelle belle image, pour un marin, que d’évoquer la découverte d’une “bouteille à la mer”. Elle symbolise à la fois l’espoir, pour celui qui l’a lancée, d’être découverte un jour par un inconnu, et mieux encore, si celle-ci contient un message, que celui-ci soit lu.

Car “une bouteille à ma mer” est riche de symboles. Elle peut exprimer une grande détresse, celle d’un naufragé nourri par l’espoir d’être secouru, ou simplement le désir poétique et secret de ce que la communauté humaine recèle de plus beau dans une rencontre dûe au hasard, la prise en compte d’un vœu.

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Le décor est campé. En bout de quai, marquant l’entrée de la plage, un monument discret, souvent fleuri, évoque par ses nombreuses plaques souvenirs, soigneusement disposées sur un mur qui lui fait face, les noms des bateaux et des membres d’équipages qui, au fil du temps ont péri en mer.

Maintes fois questionné par mes petits enfants sur la signification de ce mémorial, je m’étais inspiré d’une histoire vécue pour leur raconter au moment de la disparition du Bugaled-Breizh, dont une plaque commémore aussi le tragique destin, qu’une bouteille à la mer, arrivant à s’échouer sur la plage où ils jouaient, allait apporter enfin la réponse à l’énigmatique question : “Que s’est-il réellement passé ?”
Bien évidemment la présence évoquée du rôle supposé d’un sous-marin, ne devait pas être tout à fait étrangère à ce récit. Cette hypothèse me ramenait alors à mon histoire d’enfance, celle du sous-marin “Souffleur” dont le prédateur avéré était anglais et répondait au nom de “Parthian”.

Mais les deux rencontres successives que je devais faire en ce mois de juin 2019 allaient être surprenantes, à plus d’un titre.

La première est en lien avec le précédent billet. Ce reportage, diffusé sur FR3 le 26 avril 2019 dans le journal du 19/20 concernait  le sous-marin “Souffleur”, qui lui aussi, mais dans ce cas c’était une certitude, mettait en cause un sous-marin anglais. Je visualisais alors le reportage avec un grand intérêt, et après avoir échangé, quelques jours plus tard avec l’un de ses auteurs, je m’apercevais, que dans les motivations du documentaire, il y avait quelque chose qui ressemblait à “une bouteille à la mer”.
Si le “souffleur” git toujours par 30m de fond au large des côtes du Liban, l’existence d’un sordide musée dévoilé par le reportage questionne les consciences des descendants de ces marins disparus, et au-delà des intéressés, il questionne simplement la conscience humaine. Faisant abstraction à toute polémique historique ou politique concernant les raisons tragiques de leurs disparitions en 1941, c’est la mémoire de ces marins qui demande simplement à être respectée. Espérons que la sagesse humaine puisse un jour dépasser toute autre considération. Probablement que Michel Serres, disparu hélas trop vite aurait eu sur ce reportage un regard aussi attentif que philosophique.

Mais “une bouteille à la mer” peut en cacher une autre. Décidément la petite plage de St Julien en la commune de Plouhinec du Finistère, allait une fois encore me réserver une sacrée surprise …

( à bientôt, pour la suite)

 

Le “Souffleur” dans les radars

Mes compagnons de route, se souviennent certainement de ces instants où je racontais mes histoires abracadabrantesques de Richelieu, de sous-marin perdus, d’île Noire, l’imprenable citadelle, et de ces étoiles inaccessibles de phares lointains que sont encore, Armen, Ile Vierge, Gravelines, Tévennec….

Aujourd’hui je reprends mes « Chemins de traverse » pour peut-être un jour, partir sur les côtes du Liban, du moins avec la pointe de mon stylo ….

Un rebondissement
Il est des jours de vies ordinaires qui peuvent parfois se trouver chamboulés. Le cours de nos propres existences nous apprend chaque jour que, tant que l’on est actif, l’histoire n’est jamais tout à fait terminée. Comme le dit si bien également le dicton populaire « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ». En visionnant l’autre soir le journal de FR3 (19/20) une chronique particulière devait attirer mon regard…. L’épave du sous-marin “Souffleur”, coulé le 25 juin 1941 sur les côtes du Liban, refaisait surface des mémoires endormies par un reportage qui lui était consacré.

Journal télévisé 19/20 de Fr3 du 26 mai 2019

Visiblement ma petite histoire au sujet du sous-marin « Souffleur » avait également attiré l’attention de ces nombreux amis qui avaient, en l’espace d’un soir, saturé la boite vocale de mon téléphone. Pour moi, l’espoir de retrouver un jour une piste nouvelle à explorer pour continuer cette histoire au sujet du sous-marin « Souffleur » dont j’avais, il y de nombreuses années écrit une petite nouvelle, mêlant à la fois, faits réels et fiction, s’était mis en sommeil depuis plusieurs années.
Il est vrai que, si ma filiation avec l’un des 52 marins disparus était toujours présente, les témoins directs de cette sombre histoire, avaient depuis longtemps – disparus de mes propres radars – comme le disent si bien les marins pour parler de faits résolument passés.

Mais, lorsqu’il ne s’agit pas que d’une affaire personnelle, voire intime, mais d’un fait qui appartient à la mémoire collective, les disparus en mer, pour quelque raison que se soit, continueront à alimenter l’imaginaire des plus téméraires, déterminés à connaître la vérité. Il est des enquêtes qui se trouvent ainsi relancées avec la survenue de faits nouveaux. Celui que je devais apprendre ce soir de mai 2019 va peut-être encore, et pour quelques temps, alimenter de nouvelles recherches et m’amener une fois encore à emprunter ces « chemins de traverse » que j’affectionne tant … (affaire à suivre donc)

Râmine, un autre regard

Chaque printemps est une renaissance dans laquelle la nature et les hommes puisent l’énergie de la vie. Fidèle à cette image généreuse, l’artiste peintre Râmine nous livre une foison d’images nouvelles, qu’il nous laissera soumettre aux regards de plus jeunes, afin que ceux-ci s’en inspirent à leur tour, dans des improvisations poétiques ou musicales.

C’est au Conquet que nous retrouverons l’artiste, dans une maison en cours de rénovation destinée à devenir un gîte touristique. Car l’homme a plusieurs cordes à son arc et aujourd’hui c’est le décorateur d’intérieur qui est à l’œuvre.
Il n’y a pas plus beau site qu’une maison située face à la mer d’Iroise pour exprimer son talent et entraîner les futurs locataires de passage à vivre une immersion dans un monde poétique où Jules Verne et les grands navigateurs inspireront leurs rêves profonds.Qui n’a pas un jour, en scrutant l’horizon, rêvé d’espaces lointains. De l’autre côté c’est l’Amérique, les côtes du St Laurent, Terre Neuve, St Pierre et Miquelon. A quelques encablures, le phare du Four nous fera, la nuit tombée, ses premiers clins d’œil, répondant aux rayons puissants et protecteurs du phare de St Mathieu, là où déjà jadis les moines allumèrent leurs premiers feux à l’attention des navigateurs intrépides. Car un phare n’a pas pour mission d’éclairer la mer, simplement de la baliser en éclairant le marin sur ses dangers.
Peuples de migrants, de tout temps les hommes ont cherché à découvrir le monde, pour fuir hélas parfois les dangers de leur propre existence ou trouver la terre supposée promise. La mer est une passerelle entre les continents que les hommes aiment à franchir. Peut-être aussi qu’à travers ce monde des phares où la lumière étincelante de la lanterne magique apparaît comme une étoile au firmament, le navigateur se rassure par sa présence. Au delà de l’objet féérique, le phare est un symbole de liberté et d’espérance, un clin d’œil bienveillant aux pèlerins des mers pour les inviter à venir se mettre à l’abri.

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Voyageur sans frontière, Ramine explore, invente et réinvente les formes des objets pour les rendre plus poétiques et nous faire rêver. D’un coup de pinceau magique l’arc de cercle coloré se métamorphose en oiseau, albatros ou mouette qu’importe, défiant les lois de la pesanteur, porté par les courants marins et faisant fi des frontières, l’artiste comme le gardien de phare aime aussi les oiseaux…

Par sa mise en abyme, ce petit reportage, diffusé par Tébéo dans le magazine “Chemins de traverse”, raconte l’histoire cachée d’une collaboration entre Râmine et 2 artistes en herbe. Pour ce faire nous monterons simplement aux deux enfants quelques photos de l’artiste et de ses travaux dont des livres illustrés. Ils devront s’en inspirer pour apporter au montage final leur contribution. Ewen (9 ans) interprétera un poème de Jacques Prévert, tandis qu’Alex (12ans), distant de 1000 km, devra improviser un morceau de musique au saxo. Le tout sera savamment orchestré par Murr Caboche (guitare et arrangements) et par Julie Francois pour le montage vidéo.

Ainsi voguent les artistes sur l’océan du monde, dans l’inlassable ritournelle des complicités entre générations.  .

A bientôt pour de nouvelles découvertes …