Le “Souffleur” dans les radars

Mes compagnons de route, se souviennent certainement de ces instants où je racontais mes histoires abracadabrantesques de Richelieu, de sous-marin perdus, d’île Noire, l’imprenable citadelle, et de ces étoiles inaccessibles de phares lointains que sont encore, Armen, Ile Vierge, Gravelines, Tévennec….

Aujourd’hui je reprends mes « Chemins de traverse » pour peut-être un jour, partir sur les côtes du Liban, du moins avec la pointe de mon stylo ….

Un rebondissement
Il est des jours de vies ordinaires qui peuvent parfois se trouver chamboulés. Le cours de nos propres existences nous apprend chaque jour que, tant que l’on est actif, l’histoire n’est jamais tout à fait terminée. Comme le dit si bien également le dicton populaire « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ». En visionnant l’autre soir le journal de FR3 (19/20) une chronique particulière devait attirer mon regard…. L’épave du sous-marin “Souffleur”, coulé le 25 juin 1941 sur les côtes du Liban, refaisait surface des mémoires endormies par un reportage qui lui était consacré.

Journal télévisé 19/20 de Fr3 du 26 mai 2019

Visiblement ma petite histoire au sujet du sous-marin « Souffleur » avait également attiré l’attention de ces nombreux amis qui avaient, en l’espace d’un soir, saturé la boite vocale de mon téléphone. Pour moi, l’espoir de retrouver un jour une piste nouvelle à explorer pour continuer cette histoire au sujet du sous-marin « Souffleur » dont j’avais, il y de nombreuses années écrit une petite nouvelle, mêlant à la fois, faits réels et fiction, s’était mis en sommeil depuis plusieurs années.
Il est vrai que, si ma filiation avec l’un des 52 marins disparus était toujours présente, les témoins directs de cette sombre histoire, avaient depuis longtemps – disparus de mes propres radars – comme le disent si bien les marins pour parler de faits résolument passés.

Mais, lorsqu’il ne s’agit pas que d’une affaire personnelle, voire intime, mais d’un fait qui appartient à la mémoire collective, les disparus en mer, pour quelque raison que se soit, continueront à alimenter l’imaginaire des plus téméraires, déterminés à connaître la vérité. Il est des enquêtes qui se trouvent ainsi relancées avec la survenue de faits nouveaux. Celui que je devais apprendre ce soir de mai 2019 va peut-être encore, et pour quelques temps, alimenter de nouvelles recherches et m’amener une fois encore à emprunter ces « chemins de traverse » que j’affectionne tant … (affaire à suivre donc)

Râmine, un autre regard

Chaque printemps est une renaissance dans laquelle la nature et les hommes puisent l’énergie de la vie. Fidèle à cette image généreuse, l’artiste peintre Râmine nous livre une foison d’images nouvelles, qu’il nous laissera soumettre aux regards de plus jeunes, afin que ceux-ci s’en inspirent à leur tour, dans des improvisations poétiques ou musicales.

C’est au Conquet que nous retrouverons l’artiste, dans une maison en cours de rénovation destinée à devenir un gîte touristique. Car l’homme a plusieurs cordes à son arc et aujourd’hui c’est le décorateur d’intérieur qui est à l’œuvre.
Il n’y a pas plus beau site qu’une maison située face à la mer d’Iroise pour exprimer son talent et entraîner les futurs locataires de passage à vivre une immersion dans un monde poétique où Jules Verne et les grands navigateurs inspireront leurs rêves profonds.Qui n’a pas un jour, en scrutant l’horizon, rêvé d’espaces lointains. De l’autre côté c’est l’Amérique, les côtes du St Laurent, Terre Neuve, St Pierre et Miquelon. A quelques encablures, le phare du Four nous fera, la nuit tombée, ses premiers clins d’œil, répondant aux rayons puissants et protecteurs du phare de St Mathieu, là où déjà jadis les moines allumèrent leurs premiers feux à l’attention des navigateurs intrépides. Car un phare n’a pas pour mission d’éclairer la mer, simplement de la baliser en éclairant le marin sur ses dangers.
Peuples de migrants, de tout temps les hommes ont cherché à découvrir le monde, pour fuir hélas parfois les dangers de leur propre existence ou trouver la terre supposée promise. La mer est une passerelle entre les continents que les hommes aiment à franchir. Peut-être aussi qu’à travers ce monde des phares où la lumière étincelante de la lanterne magique apparaît comme une étoile au firmament, le navigateur se rassure par sa présence. Au delà de l’objet féérique, le phare est un symbole de liberté et d’espérance, un clin d’œil bienveillant aux pèlerins des mers pour les inviter à venir se mettre à l’abri.

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Voyageur sans frontière, Ramine explore, invente et réinvente les formes des objets pour les rendre plus poétiques et nous faire rêver. D’un coup de pinceau magique l’arc de cercle coloré se métamorphose en oiseau, albatros ou mouette qu’importe, défiant les lois de la pesanteur, porté par les courants marins et faisant fi des frontières, l’artiste comme le gardien de phare aime aussi les oiseaux…

Par sa mise en abyme, ce petit reportage, diffusé par Tébéo dans le magazine “Chemins de traverse”, raconte l’histoire cachée d’une collaboration entre Râmine et 2 artistes en herbe. Pour ce faire nous monterons simplement aux deux enfants quelques photos de l’artiste et de ses travaux dont des livres illustrés. Ils devront s’en inspirer pour apporter au montage final leur contribution. Ewen (9 ans) interprétera un poème de Jacques Prévert, tandis qu’Alex (12ans), distant de 1000 km, devra improviser un morceau de musique au saxo. Le tout sera savamment orchestré par Murr Caboche (guitare et arrangements) et par Julie Francois pour le montage vidéo.

Ainsi voguent les artistes sur l’océan du monde, dans l’inlassable ritournelle des complicités entre générations.  .

A bientôt pour de nouvelles découvertes …

André Moulin, un pionnier.

Cet article est un hommage à André Moulin,
Initiateur d’un projet singulier et co-fondateur de l’association Tv Résidences de Brest.
Avec le centième numéro de “Chemins de traverse”, diffusé sur la chaîne de télévision locale TéBéo, André aurait fêté ses 71 ans.

 

Ce pionnier des images télévisées locales aura consacré une grande partie de sa vie à faire rayonner l’image des seniors de la pointe bretonne, à travers leurs histoires de vies.
Natif de la presqu’île de Crozon, c’est à Brest qu’il posa ses valises au moment d’entrer dans la vie active. Cuisinier, ayant été formé à l’hôtel Ritz de Paris, c’est à la résidence pour personnes âgées de Kerlenévez, qu’il partagea le quotidien de ses aînés en apportant, à travers les repas qu’il confectionnait, une attention dévouée à leurs bien-être.
Passionné de photographie, doué d’un imaginaire fécond, ce vidéaste éclairé, magicien à ses heures, doublé de grandes qualités de communicant, eut un jour l’idée de génie, en recueillant les témoignages des anciens de la maison de retraite, de les faire participer à une aventure extraordinaire. Réalisant ainsi ses premiers reportages qui devaient être partagés par la suite avec la collectivité via le réseau câblé de la résidence, le premier journal télévisé dédié et réalisé par des seniors venait ainsi de voir le jour.
Très vite ce remarquable tour de magicien impressionna la direction de la résidence, les élus locaux et les services dédiés au 3ème âge. Les progrès des techniques permettront plus tard de faire évoluer le concept, par le biais des extensions du réseau câblé du quartier de la ville de Brest. Devant l’ampleur et la singularité du projet, les presses locales, nationales et même internationales s’empareront alors du sujet, permettant à André d’obtenir une reconnaissance méritée.
Ainsi est née l’association Tv Résidences. André s’entoura alors d’une équipe de retraités vidéastes bénévoles pour les prises de vues, mais également du service d’un jeune homme diplômé d’audiovisuel pour mettre en forme les montages dont la technicité nécessitait un regard très professionnel. Ce travail de réalisateur/monteur fut confié à Mickaël Mouzin qui devenait salarié de l’Association.
Par sa jeunesse et sa grande compétence à s’adapter aux nouvelles technologies, désormais omniprésentes au sein de l’entreprise audiovisuelle, Mickaël assurait seul toutes les tâches techniques annexes aux montages.

Mickaël aux commandes du premier banc de montage

Compétent en dépannage informatique, en migrations logicielles et en gestion du réseau autant qu’en formation des retraités cadreurs aux évolutions des matériels vidéo, Mickaël était l’homme de la situation qui, comme souvent dans ce type d’entreprise, travaillait dans l’ombre du Maître. De cette collaboration d’excellence formée par le tandem indissociable  André/Mickaël allait naître une fructueuse complicité. Il se dit même dans l’équipe actuelle que Mickaël était devenu au fil du temps le fils spirituel d’André. Pas étonnant donc que la qualité du travail fourni par l’équipe sera très vite reconnue sur la place de Brest.

Lorsque la ville de Brest abandonna le réseau câblé, devenu désuet au regard de l’évolution technique de diffusions des nouveaux médias, c’est naturellement que la chaîne de télévision locale Tébéo proposa à l’Association Tv Résidences un partenariat en diffusant chaque mois sur ses antennes un magazine de 36 minutes baptisé
“Chemins de Traverse”, dont nous célébrons ce mois-ci le 100ème numéro.

Avec le décès de son fondateur, la cessation d’activité professionnelle de Mickaël, et la baisse drastique des aides financières des partenaires institutionnels qui jusqu’ici permettaient à Tv Résidences de garantir la rémunération de son unique salarié(e), l’équipe d’une dizaine de bénévoles se questionne et continue cependant à alimenter avec la même ferveur le magazine mensuel.
Désormais sous la direction transitoire de Gérard Castel et avec Julie François comme salariée aux commandes de la partie réalisation/montage, l’équipe se tourne vers les partenaires financiers et le grand public pour lancer un appel à soutien car leurs craintes de voir les baisses d’aides financières hypothéquer l’avenir de cette belle initiative sont hélas réelles.
A un moment où les politiques réfléchissent sur les problèmes de dépendance liés à l’âge et à la place des seniors dans nos sociétés, privilégiant souvent celle des jeunes actifs, l’exemple prôné discrètement par l’Association Tv Résidences devrait être mieux soutenue, mieux reconnue.
Gageons pour nos anciens qu’ils voient encore longtemps la vie en rose, car pour le moment ils la voient plutôt en jaune.

Mais place aux images. Silence on tourne ….