Enfants du Tonnerre de Brest, de Barbara, ou d’ailleurs …

Au calme, après la tempête,
Brest, aujourd’hui relève la tête.

Contre vents et marées,
Sa rue de Siam, si souvent chahutée,

Faisant une fois encore, table rase de son passé,
Vous souhaite en ce premier Janvier,

Tout simplement, une très Bonne Année.

Arsenal-Brest-C1

Ambiance feutrée de fin du monde sur la Penfeld. Vue de l’emplacement de l’ancien bagne.

Brest-Travaux-Tram-C

2012, une vision d’apocalypse sur la rue de Siam en travaux.

Tx-Tram-C

Fin 2012, les travaux achevés, du passé faisons table rase.

Brest enfin retrouve sa sérénité.
Cap sur une nouvelle année.

Recouvrance-C

Douce France

Entre ombre et lumière, une matinée d’automne en forêt de Sologne n’avait en ce jour de novembre rien à envier aux paysages des grands espaces canadiens et nord américain durant la période de l’été indien.
Nulle intention chauvine de ma part en intitulant ce billet « Douce France » car tous les pays, tous les paysages, apportent un peu de douceur, à ceux qui prennent le temps de s’arrêter.

Foret-Sologne-2

Malgré la fraîcheur matinale et l’humidité, la faible luminosité permet d’obtenir des éclairages doux .

Probablement inspiré par d’autres avant moi, mais les idées n’appartiennent-elles pas à ceux et celles qui les mettre en œuvre, j’aime en voyageant, loin des autoroutes et des turbulences du quotidien, prendre les chemins de traverse. On y fait de belles rencontres et la photographie immortalise si bien le temps qui passe.

Foret-Sologne-2a

Foret-Sologne-8

Sur la route de Bourges à Blois.

ValencaisUne petite halte au château de Valençay, connu pour avoir été la résidence de l’habile Talleyrand. Que penserait-il des turbulences politiques de ce mois de Novembre 2012 ?

Chevaux-SologneMais le brouillard est si dense, qu’il rend difficile la prise de vue. Heureusement que le post-traitement des images numériques permet quelques fantaisies …

Foret-Sologne-13-O Foret-Sologne-14-O
Foret-Sologne-13a Foret-Sologne-14a

ChevernyLes fins de journées sont aussi propices à la photographie.  Les couleurs sont douces et chaudes, comme ici au Château de Cheverny en cette fin d’après midi.

Cheverny-ParcOu comme ci-dessous, au Château de Gué-Péan ancienne résidence de chasse de François 1er.

Gue-Pean« Mais qu’il est doux de ne rien faire quand tout s’agite autour de soi », pour reprendre l’expression populaire connue.
Loin des affiches publicitaires, éphémères égéries anglo-saxones des grandes cités, notre belle campagne et beau pays, cher à Aragon, Voltaire et si bien chanté par Jean Ferrat,  possède un trésor de rencontres inattendues que le temps n’arrive pas, pour l’heure, à effacer. Ne boudons pas notre plaisir.

Pub-Dubonnet Pub-Suze

Au fur et à mesure de mes pérégrinations, l’album de photos s’agrandira (cliquer ici pour voir l’album)

Pub-Atlantic Pub-Menier
Pub-Simca Station-Essence

Et l’on peut toujours rêver d’un monde où l’essence était presque donnée …

Peu de monde sur ces petites routes tranquilles, ces villages désertés, d’une France qui s’apprête à hiverner. Nous sommes le 11 novembre et dans les petites communes traversées, résonne encore le son du clairon et l’ambiance paisible d’une paix retrouvée.

Passé nostalgique ou rêve d’une mission accomplie, les deux dernières photos que je vous livre dans ce dernier billet ne résument-elles pas l’ambiance de cette fin d’automne  2012 ?

Mission-Accomplie  Devoir-de-memoire
Au plaisir de vous retrouver pour une prochaine carte postale.

Sein, une île du bout du monde.

Entre ombre et lumière, poésie et nostalgie, paix et tourment, Sein n’est probablement pas tout à fait une île comme les autres. Chaque fois que j’y reviens les lumières sont différentes, et les images que j’en rapporte, mille fois revisitées, ne me procurent pourtant aucune lassitude tant elles se révèlent être source de voyages intérieurs intenses où se mêlent à la fois souvenirs d’enfance et sentiment étrange d’appartenance aux lieux.

Que mon regard se porte vers Tévennec ou Armen et bien plus encore vers cet horizon nord américain, chaque point cardinal est un éphémère point d’ancrage à une pensée vagabonde.

Dans un hommage à Jean-Pierre Abraham, Hervé Bellec faisait un parallèle entre le livre « Armen » et les expériences solitaires de Jacques Kérouac. Sûr qu’un passage sur cette terre de bout du monde, ne laisse pas indifférent.

Raz-Sein-Oct2012-Matin

La traversée en ce matin d’automne 2012 se fera dans le brouillard. Le soleil s’est levé il y a peu et donne à la mer des reflets fantomatiques dignes des ambiances décrites par Anatole le Braz dans « Un voyage à l’île de Sein ».

Raz-Sein-PecheursLes pêcheurs de bars sont déjà à pied d’œuvre depuis plusieurs heures.

Raz-Sein-Pecheurs-BarsAprès une heure de traversée c’est l’arrivée.

Men-Brial-CaleIci la cale du Men Brial à marée basse.

Quai-des-PaimpolaisQuai des Paimpolais

Quai-Francais-LibresQuai des Français libres

Phare-du-Gueveur

Après avoir longé le quai des Français libres nous arrivons au sud de l’île, près du phare du Guéveur. On fait parfois des rencontres insolites sur cette île.

Qui-voit-Sein-1

« Qui voit Sein voit sa fin ». Aujourd’hui, nous découvrons, échoué sur la grève, venant d’on ne sait quel hypothétique naufrage, un cercueil éventré.

Phare du Guéveur exposé aux vents dominantsIle-Sein-1

 

 

 

 

 

 

La « lame sourde », illustrée par la pièce de théâtre de Jeanne Nabert, contraste avec le calme des rochers aux formes plastiques et l’attitude contemplative d’une jeunesse en quête de sérénité.

En quittant le Gueveur en direction du phare.

Sphinx-2      ChapelleLe Sphinx (à gauche), la chapelle St Corentin (à droite).

Plas-Ar-ScoulL’amer de Plas ar Scoul qui borne avec le phare Goulenez l’ouest de l’île.

Phare-Goulenez

Sein-ArmenPar chance, nous pouvons apercevoir le phare d’Armen. (photo,focale 105mm).
Latitude 48°36′, en face, en ligne de mire, St Pierre et Miquelon.

Ile-Sein-3Du haut du phare, la vue sur l’ile est tout simplement magnifique. J’ai à cet instant précis de la prise de vue, une pensée pour mon grand-père Daniel Ropart, gardien de phare à Armen en 1923. Mais là bas c’était l’Enfer, ici un petit coin de Purgatoire Quant au Paradis, j’ai encore un peu de temps devant moi, du moins je l’espère.

Parcelles-vue-du-phareL’île était jadis fractionnée de petites parcelles de terre. La prise de hauteur permet encore d’en distinguer les contours. Simple lopin de terre cultivée ou maigre espace pour vache solitaire.

Epave-marineGalets-tour
Les attentions poétiques de touristes romantiques ne doivent pas faire oublier
que la mer nature est parfois violente et cruelle. La force des vagues s’illustre ici par des fragments de moteurs d’épaves chahutées du plus profond des abîmes et venus s’échouer ici à deux pas du Guéveur.

Cote-NordAujourd’hui la côte nord de l’île, entre phare et bourg, est particulièrement paisible et cet après midi d’automne, aux lumières saturées, donne au paysage un parfum d’exotisme.

Croix-de-LorraineEn mémoire d’une période révolue, où l’Angleterre accueillait « le quart de la France » (de Gaulle)

Ile-Sein-4Tourne pierre à collier (gauche haut)-Cormorans (gauche bas).
Mais l’insularité est aussi fragile, ce que rappelle ici la plasticienne Valérie Strullu par des travaux graphiques qu’elle a proposés sur l’ile de Sein en 2010 et Molène en 2009. (affiche photo de droite).
Au fait il me semble avoir déjà rencontré ces signatures graphiques ailleurs …pas vous ?

Men-BrialMais le phare reste pour moi le symbole fort de ces voyages insulaires tant il représente pour le monde des marins la présence protectrice humaine. Hélas aujourd’hui plus aucun phare n’est habité. Entretenus à minima, la question de leur longévité est désormais posée. La mécanisation, la robotisation du monde ont eu raison des grandes aventures de ces gardiens de feux. Probablement qu’un jour, Armen et les autres phares de pleine mer rejoindront à jamais les légendes des villes englouties.

Ruelle-Clair-obscure-1 Ruelle-Clair-obscure-3 Ruelle-Clair-obscure-8Ruelle-solitude Sein-ruelle-1 Ruelle-solitude-1Paradoxe d’une île si horizontale, quelques mètres seulement au dessus du niveau de la mer, les ruelles sont comme des lucarnes verticales laissant filtrer le clair obscur.Rue-Le-Borgne Deco-2 SNSMImagination et couleur apportent une touche artistique à un environnement parfois hostile.

Ruelle-Couleur  Sein-artiste Transport      La carriole reste le moyen de transport le plus approprié à l’étroitesse des ruelles.

Eglise-St-GuenoleL’église St Guénolé et les 2 causeurs restent les symboles emblématiques de l’île.

CimetiereToujours un phare, une lumière même dans les lieux les plus obscurs.

Le-grand-MonarqueAprès une dernière visite au Grand Monarque, ancienne habitation des
gardiens de phares.

TevennecUn dernier regard sur Tévénnec, la baie des Trépassés et une pensée pour ces âmes errantes.

DauphinTiens c’est peut-être la réincarnation d’un ancêtre, gardien de phare à Tévennec, emporté par une lame en 1908 et venu me saluer au départ de l’île.
Pour moi, ce dauphin là ne s’appelle pas Jean-Louis, mais Alain-Marie.

 Le gardien du phare
aime trop les oiseaux

Des oiseaux par milliers volent vers les feux
par milliers ils tombent par milliers ils se cognent
par milliers aveuglés par milliers assommés
par milliers ils meurent

le gardien ne peut supporter des choses pareilles
les oiseaux il les aime trop
alors il dit Tant pis je m’en fous !

Et il éteint tout

Au loin un cargo fait naufrage
un cargo venant des îles
un cargo chargé d’oiseaux
des milliers d’oiseaux des îles
des milliers d’oiseaux noyés.    (Jacques Prévert)

Mais les îliens sont aussi des poètes. Il y avait , sur l’île, jusqu’aux années 1960, un estaminet au nom évocateur  de « O 20 100 O ».  Tout un programme.

Que cette île qui a inspiré tant d’écrivains, de cinéastes, d’artistes, garde son âme maritime authentique et que le vent du large apporte à ceux qui s’y rendent toute la poésie et la sagesse des gardiens de phares solitaires, valeureux serviteurs du monde maritime.