Avatar de Inconnu

A propos Paul Kersaudy

Pratique la photographie en amateur, le théâtre et aime jouer avec les mots ...

Et si demain …

Confinement oblige nous sommes à présent nombreux sur la planète à n’avoir que nos téléphones et nos ordinateurs pour ne pas être totalement coupés du monde.
Aujourd’hui pas de photo sur cette page de blog mais une petite divagation “urbi et orbi”.
Loin de moi l’idée de donner des conseils, simplement partager la réflexion qui aujourd’hui est la mienne sur ces outils qui nous offrent certains plaisirs d’évasion.

Télétravail, visioconférences, jamais je le pense nos réseaux internationaux de communications n’ont été autant sollicités. Dans pareil cas, notre vigilance informatique, focalisée sur la pandémie sanitaire que nous vivons, a tendance à baisser un peu la garde rendant de ce fait nos ordinateurs et téléphones à leur tour un peu plus vulnérables aux virus et arnaques.

Je garde un mauvais souvenir, après la catastrophe de Tchernobyl du 26 avril 1986, d’un virus informatique éponyme qui se manifesta pour la première fois le 26 avril 1998 et avait fait  le tour du monde, se propageant à la vitesse de la lumière et mettant en péril de nombreuses entreprises autant que les ordinateurs des particuliers. Des milliers de systèmes informatiques se trouvaient alors à l’arrêt, car infectés. Les conséquences, si elles ne sont pas directement vitales pour l’individu peuvent l’être par les effets collatéraux qu’elles occasionnent en terme de pertes de données importantes d’exploitation, allant jusqu’à la survie de l’entreprise.

Je me souviens aussi des longues procédures qu’il avait fallu mettre en œuvre pour gérer les systèmes informatiques avant le passage à l’an 2000. Gouverner c’est prévoir parait-il, les informaticiens l’avaient compris et c’est probablement pour cela que la bascule s’est faite sans véritablement de grands problèmes.

Aux tous débuts de l’apparition de ce que l’on appelait “virus” en langage informatique, dans les années 1970-80,  peu de personnes prenaient au sérieux ce nouveau phénomène considéré alors comme une petite “grippette”. A cette époque, même dans le monde de l’entreprise, la fonction de chasseur de virus n’était pas considérée comme très gratifiante car toute mesure de prudence comporte un certain nombre de contraintes dont peu d’hommes sur terre aiment à s’astreindre, on le vérifie bien encore aujourd’hui avec les règles de confinement qui nous sont imposées.

Aujourd’hui, dans plusieurs parties de notre territoire, en plus d’être confrontés à lutter contre le Covid-19, certains de nos concitoyens sont privés d’accès à internet car habitants des zônes blanches ou en panne de réseau. Les conséquences sont cruciales pour ces personnes : plus de cours à distance pour les enfants, plus de gestions de stocks pour les petits commerces, plus de possibilité de télé-consultation médicale, d’accès aux soins, plus de messageries,  etc …La double peine en quelque sorte.

De l’expérience de pandémie inédite dans l’histoire de l’humanité que nous vivons aujourd’hui, puisqu’elle concerne toute la planète, nos gouvernants empêtrés dans la gestion de situations d’urgences doivent se pencher déjà sur l’après et sur les raisons qui fracturent depuis si longtemps nos sociétés.
Après avoir supprimé tant d’emplois dans le monde, bien souvent au nom du profit sous couvert de rentabilité, avoir misé toute une économie mondiale sur le numérique, en supprimant des emplois d’infirmiers et de médecins dans les hôpitaux, de postiers dans les services publiques et de proximité, en nous obligeant à ouvrir des comptes en ligne pour tous nos services du quotidien, et en réduisant de ce fait la vie des citoyens à un dialogue entre eux-mêmes et une machine, que sera le monde de demain ?

Que sera notre univers de future personne âgée, si en plus des dégradations de ces facultés mémorielles qui nous guettent naturellement du fait de notre âge vieillissant nous n’avons plus aucun échange avec le monde réel des vivants ? La situation que vivent nos personnes âgées aujourd’hui dans leurs EHPAD est de ce point de vue édifiante.

Que resterait-il enfin de cette “intelligence” dite artificielle si demain un virus informatique se propageait à grande échelle sur nos réseaux ?
L’occasion du confinement aura certainement sur la réflexion des décideurs le bien fait de l’analyse et de l’introspection, un retour à la base de l’intelligence humaine, le simple bon sens. J’observe déjà que depuis plusieurs jours, les appels téléphoniques publicitaires non sollicités se sont un peu calmés. Mais aussi que les réseaux dits sociaux s’enflamment de manière déraisonnable. Des chaînes nous invitant à débrider notre imaginaire fleurissent d’inconnus devenant soudainement nos amis. Les gestes barrières que nous adoptons les rares fois où l’on s’autorise à sortir masqué nous font oublier que la toile internet a aussi ses dangers et que là également les gestes barrières sont vite oubliés.
Alors un rappel est nécessaire si l’on ne veut pas qu’un jour, en plus d’être confinés, nous ne soyons même plus en capacité de rêver d’une liberté retrouvée.

– En sauvegardant régulièrement nos données et fichiers nous évitons de perdre les photos et les souvenirs qui nous sont chers.
– En ne répondant pas à des mails de provenance inconnues surtout s’ils nous invitent à cliquer sur des liens et à les relayer, nous limitons leur propagation.
– Enfin, en faisant des mises à jours régulières de notre antivirus et en profitant surtout du temps libre que nous avons à présent pour bien en comprendre le fonctionnement, nous protégeons nos derniers outils de liberté.

Pour vivre heureux, vivons peut-être un peu plus confinés.

L’année du Rat

Citation

Premier signe du zodiac chinois, il symbolise le renouveau, l’action …

Question renouveau en effet nous sommes servis. Quant à l’action, vivant depuis une vingtaine de jours confinés et reclus, nos méninges sont soumises à rude épreuve.
La curiosité aidant, moi qui ne suis pas très porté par la chose, je me suis documenté sur le sens zodiacal de ce petit animal venu d’Asie et j’ai appris ceci.

Que nous réserve le Rat, en cette année 2020 ?

ll y aura de la promotion dans l’air,
de nouveaux talents littéraires émergeront.
Côté finance, l’inflation sera stoppée nette.
Dans l’ensemble, l’année sera à la fois
passionnante  et passionnée.”

Question “promotion dans l’air”, pour l’instant on est gâté. Tout comme pour ce qui concerne les finances. Pour le reste, je préfère les prédictions de Mr de La Fontaine :

“Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage”

Vivement l’année de la belette !

La légèreté de cette fable picturale, réalisée il a plusieurs années, ne doit pas nous faire oublier les victimes de la tragique pandémie que nous traversons à l’échelle planétaire, ce qui est inédit dans l’histoire de l’humanité.
Cette petite page de blog n’a aucune ambition, ni prétention, sinon d’adresser un petit message confraternel et poétique, à tous les soignants, à tous ceux qui travaillent pour nous apporter à manger et permettre à l’économie de fonctionner, ainsi qu’aux personnes isolées qui regarderaient cette page, de garder comme force de combat l’humour et la jovialité.
En restant confinés nous les aidons. Ouvrons les tiroirs de nos armoires, ressortons les photos, lisons de la poésie, c’est léger, écrivons, partageons, car une chose reste certaine, « Après la Pluie vient toujours le Beau Temps. »

Chevalet, le valet de l’âme

Dans le billet précédent je proposais un puzzle, avec comme indice la description suivante :

Arc-bouté sur une table
Je vibre de la tête au pied
Pour votre grand plaisir.

Vous avez certainement résolu l’énigme. Il s’agissait du chevalet d’un instrument à cordes, tel qu’on le trouve sur un violon, un violoncelle et bien d’autres instruments dérivés.
C’est une pièce maîtresse. Positionné perpendiculairement sur la table d’harmonie, le chevalet transmet les vibrations résultant du frottement de l’archet sur les cordes qui, à leurs tours, seront transmises à la barre d’harmonie et à l’âme pour que la caisse de résonance, servant d’amplificateur, en restitue enfin les sons.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’écoute de la musique est indissociable du plaisir de voir le musicien jouer en harmonie avec son instrument ou celui d’observer, dans le silence feutré de son atelier, un luthier travailler. Il est difficile de rester insensible à la beauté d’un violon dont la complexité de réalisation aura pour résultat de produire un véritable chef-d’œuvre autant agréable à regarder qu’à écouter.

S’il est vrai cependant que les formes particulières du chevalet ne sont pas faites par hasard et doivent répondre à des critères précis respectant les lois de la mécanique autant que celles de l’acoustique, chaque luthier aura à cœur de signer son œuvre par un design particulier qui rendra l’instrument unique en son genre.
Personnellement je trouve l’esthétique du chevalet singulière. Ses formes fantaisistes me font penser à celles d’une silhouette humaine. Tel un valet au service de l’âme, le chevalet porte donc le poids des notes jusqu’au plus profond de l’instrument. La magie opèrera lorsque l’âme du musicien et celle l’instrument vibreront à l’unisson.

Possédant une scie à chantourner, j’ai pris plaisir à reproduire un exemplaire de chevalet de violoncelle et lui modifiant cependant les dimensions pour les rendre plus extravagantes. Peut-être que le gabarit que j’en ai tiré me permettra de faire, par détournement d’objet, d’autres créations qui restent encore à imaginer. Je pense en particulier à une lampe de bureau, ou comme il me l’a été suggéré, un lutrin pour partitions musicales.
Mais peut-être que de votre côté vous auriez des idées à me proposer ou tout simplement vous les approprier pour votre propre plaisir. En ces temps de confinement, c’est à vous de jouer votre propre partition. Il suffit d’un morceau de contreplaqué fin ou d’un carton rigide. Celui que j’ai utilisé pour le gabarit avait une dimension de 30cm x 25 cm.
Alors puisque nous sommes dans le registre musical. Chantournons !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Quels mots curieux ceux de « chantourné » ou « tarabiscoté » à l’image de la forme du chevalet. Tous les deux font pourtant partie du langage du luthier qui, en plus d’être une fine lame, est un poète des âmes. Comme quoi la poésie des formes et des choses rencontre parfois celle des esprits chantournés par les vers d’un Prévert ou les calligrammes d’un Apollinaire.