Moncontour, çà vaut le détour

Theatre-CostumeJ’ai choisi aujourd’hui de vous faire découvrir une personne hors du commun, comme on en rencontre hélas trop peu souvent. Un personnage devrais-je dire, tant sa vie semble être à elle seule, un roman. Il est des chemins qui vous mènent parfois à faire de belles découvertes. Rien dans cette balade dominicale ne me prédestinait à une telle rencontre. Mais quelle rencontre.
Car ce n’est pas le long des autoroutes ennuyeuses, parsemées de radars et autres surprises peu poétiques, que l’on peut s’imprégner de cette douce France, immortalisée par Depardon et tant d’autres photographes en recherche d’authenticité, mais bien en se hasardant à pousser les portes d’insolites demeures dans ces beaux villages aux trésors souvent cachés.

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Le petit théâtre du costume de Moncontour.

Moncontour, vous connaissez ?
C’est un petit village médiéval, situé dans les Côtes d’Armor, au sud de St Brieuc. Lors d’une déambulation dans ce village, mon regard d’amateur de théâtre est de suite attiré par une enseigne : « Théâtre du Costume ».

Presentation

A l’entrée du bâtiment, une biographie étonnante me pousse à en savoir un peu plus. Je pousse timidement la porte et suis littéralement ébloui par l’étonnante profusion de décors, aux formats réduits, dans lesquels sont mis en valeur une multitude de scènes de théâtre et des personnages costumés.

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Carolyne-MorelDerrière une machine à coudre, en action, notre hôte nous accueille d’un large sourire et nous invite à la visite. « Etes-vous bricoleur ? » me demande-t-elle.
D’un âge à présent avancé, ce qui ne retire en rien un regard pétillant et espiègle, Carolyne Morel est de ces personnes qui rayonnent d’enthousiasme lorsqu’elles vous parlent de leur métier. Couturière, elle l’est depuis 1948, date à laquelle elle passa avec succès son C.A.P. Depuis elle ne compte plus les milliers de costumes qu’elle a imaginés, confectionnés, dessinés. Enoncer ici sa biographie serait mal venu, mais elle se fera un plaisir de vous communiquer son CV impressionnant lorsque vous déciderez de lui rendre visite car je suis certain que si vous prenez le temps de lire ces quelques lignes votre prochaine destination de balade sera pour Moncontour. Mains-d'or

Première main chez Christian Dior dans les années 1950, comme elle aime à le rappeler, ses multiples expériences l’ont, au fil des ans, fait progresser dans un métier peu commun, celui de costumière de théâtre, habillant les plus grands noms du théâtre et fréquentant les plus prestigieux établissements artistiques de ce Monde.

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Animée d’une passion intacte, Carolyne Morel animera, partout où elle est passée, des associations pour, comme elle le dit si bien :
« Transmettre sa passion et son savoir-faire de costumière à la jeune génération et faire découvrir visuellement , à travers le costume, ce que furent les modes de vie et de culture de la France et de l’Europe avant notre siècle.»
N’hésitant pas à nous expliquer quelques uns de ses secrets, comme ici le marquage au fer de velours imprimés, nous nous apercevons très vite que la grande dame a gardé de sa jeunesse, l’enthousiasme nécessaire à la transmission de sa passion.

Theatre-Costume-3Il en sera de même lorsqu’elle nous expliquera la manière dont elle s’y prend pour réaliser ses costumes. Elle commence par faire des sujets à l’échelle qui serviront de composition à ses décors, qu’elle réalise elle-même. Marteaux, scie, collage, peinture, modelage, rien ne l’arrête.
Tous ces décors ont été le produit de son imagination, de ses études et de ses mains.
Le maquettage étant terminé, les costumes des « vrais » acteurs seront donc en suite confectionnés, ce n’est plus qu’une question d’échelle.

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Toutes les époques, du moyen âge aux périodes plus contemporaines sont ici mises en scène.

Doigts de fée, mais aussi artiste de talent

Theatre-Costume-4Maintes fois reconnue du monde du spectacle, médaillée Européenne, après avoir sillonné l’Europe, l’Amérique, servant les plus prestigieux acteurs, et metteurs en scènes, Carolyne Morel, à 85 printemps, se consacre désormais totalement à faire vivre ce petit théâtre du costume que la ville de Moncontour, dans les Côtes d’Armor, met à sa disposition.
Théâtre dans lequel elle continue de donner vie à ses personnages en les confectionnant elle-même et en complétant ainsi, dans des décors saisissant de réalité, les époques manquant à sa collection poétique.

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La machine à coudre n’est pas prête à prendre sa retraite …

Voilà, alors si vous pensez comme moi que Moncontour vaut le détour, n’attendez pas trop longtemps pour rendre une petite visite à la fée Carolyne Morel. Elle se fera un plaisir de vous transmettre ses sublimes secrets.
Mais faites vite, car comme me le disait un jour, un vieil ami américain qui me relançait alors que je tardais à lui rendre visite : « Don’t wait ! »

Une autre page sur ces métiers d’excellence en cliquant sur le lien ci-dessous :
Mains d’Or, doigts de fées …

Tous des pigeons ?

L’actualité inspire les artistes toujours prêts à réagir aux évènements du moment.
L’art de la rue n’est pas l’apanage des grandes cités où les friches industrielles laissées à l’abandon, trouvent échos auprès de graphistes, le plus souvent anonymes.

Comme le laisse à penser cette photo, prise il y a quelques semaines sur cette route du Cap Sizun, cette fresque murale est-elle une vision prémonitoire des nuages qui s’amoncèlent aujourd’hui sur l’économie bretonne, ou bien l’interprétation personnelle d’un message subliminal ?

Chacun appréciera et comprendra ce qu’il veut à travers cette nouvelle énigme.

(cliquer ici pour voir les précédentes fresques)

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Au bout de cette longue ligne droite, un nouveau message m’interpelle.

Pigeon

Chacun appréciera et comprendra ce qu’il voudra à travers cette nouvelle énigme.

J’avais effacé malheureusement la photo d’origine avant que cette nouvelle création, offerte à la vue du public, ne soit partiellement masquée par quelques affiches moins poétiques. Je me suis permis un petit « toilettage », virtuel celui-là, pour redonner vie à cet éphémère message.

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Je vous livre ici les mots qui me sont venus à l’esprit en regardant cette nouvelle fresque. L’auteur de l’œuvre et de son message ne m’en voudra pas, je l’espère, si mon interprétation est erronée, car lorsqu’il est question d’art, peut-on toujours être sûr d’avoir tout pigé ?

Les rats d’Arts nous envahissent,
Les beaux nez rouges ne font plus rire,
Allons, ne succombons pas aux maux roses,
Et devant l’art de la rue, restons sans cible.

Washington, the big showdown

Alors qu’un parfum amer de nouvelle catastrophe financière plane sur la planète, avec quelques relents de crise de 29, je préfère ne conserver de Washington que les belles images d’une ville dont les tracés des rues et ceux de ses jardins ont été inspirés par Versailles.
Résumer cette grande capitale à quelques images est un pari difficile tant les monuments publics, hélas aujourd’hui vides de touristes, sont riches et variés.
Le nouveau « shutdown » quia pour conséquence la fermeture de nombreux musées et services publics est révélateur de la crise politique (showdown) qui aujourd’hui, prive bien plus encore les modestes employés américains de leurs salaires en les mettant de faite en “chômage technique” que les touristes qui ne pourront accéder à ces hauts lieux de culture et de rayonnement.

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Le Capitole, siège du pouvoir législatif américain – Washington (District of Columbia)

Si je devais résumer l’essentiel de mon premier contact avec cette Capitale, je le ferais à travers ces quelques clichés.
J’ai volontairement choisi l’aspect noir et blanc, pour illustrer cette situation de morosité ambiante. Par cette nième crise financière, le pays tout entier se trouve plongé dans la grisaille, comme privé de ses couleurs.
C’est également un choix arbitraire de ma part, pour évoquer quelques souvenirs personnels liés à ma première visite qui remonte maintenant à quelques décennies mais aussi pour évoquer les liens historiques qui unissent notre Port de Brest et sa marine à cette grande métropole, capitale des États-Unis depuis 1783.
Quelques années auparavant un corps expéditionnaire Français partit de Brest en Mai 1780, sous le commandement de Ternay, accompagné entre autre de Lapérouse, participa aux côtés des insurgents à la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis.

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Les Archives Nationales, mémoire de l’histoire des Etats-Unis – Washington (District of Columbia)

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La Maison Blanche et son célèbre bureau ovale

TV-NewsHaut lieu du pouvoir, autour duquel une activité permanente semble attirer une foule de touristes et les télévisions du monde entier suspendues à « la nouvelle » qui fera le scoop de la journée.
Espérons que dans les heures qui viennent, la catastrophe financière annoncée sera encore différée après de longues et nombreuses tractations dont l’Amérique a le secret.
Comme dans les grands tremblements de terre qui menacent périodiquement la planète, la question n’est plus de comptabiliser les petites répliques, mais de connaitre la date du « Big One ».

 The Smithonian Institution

Lieux de recherches scientifiques, née de la volonté d’un donateur britannique James Smithson, cette institution regroupe une vingtaine de musées (sciences, histoires naturelles, beaux arts ….) qui œuvrent à la transmission des connaissances. Les missions pédagogiques de cette Institution sont mondialement appréciées par toutes les instances éducatives.

Smithsonian

The Smithonian Institution, fermé aussi ce jour pour cause de “shutdown”.

Capsules

A gauche la capsule Gémini IV, à droite la capsule Apollo

Je garde cependant de la partie consacrée au Musée de l’Air et de l’Espace le souvenir d’un lieu mythique lié à l’histoire de l’aviation et à la conquête de l’espace.
Dans les années 1968 on pouvait même, au prix d’une longue attente cependant, s’asseoir un instant dans la capsule Gémini IV et visiter l’intérieur du prototype de la future cabine Apollo. A cette époque, une partie du musée de l’Air et de l’Espace était à ciel ouvert. Les missiles, fusées et avions étaient à l’extérieur des bâtiments donnant sur le Mall, ce qui transformait le périmètre en une surprenante base aérienne.

Aujourd’hui, le musée s’est beaucoup étendu et structuré. Les deux « reines » de l’espace ne sont plus visibles qu’à travers leur cocon de plexiglas.

Lincoln-MemorialEntre le Capitole et le Lincoln Memorial, le Mall, célèbrement connu depuis la longue marche en faveur des droits civiques des noirs, période dont l’image restera, pour moi, associée au discours prononcé en 1963 par Martin Luther King : « I have a dream ».

Abraham Lincoln seizième Président des Etats-Unis, symbolise à la fois l’Union des Etats au lendemain de la Guerre de Sécession, mais aussi la ratification du treizième amendement de la Constitution qui abolit l’esclavage. Il faudra attendre une centaine d’années pour que celle ci soit appliquée dans les faits. Il est cependant encore permis d’en douter.

Dupont Circle
Où je me trouvais le 21 août 1968, jour de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du pacte de Varsovie. J’ai cherché à reconnaitre l’auberge de jeunesse dans laquelle j’avais passé plusieurs jours. Depuis, le bâtiment a été reconfiguré en bar-restaurant mais la structure n’a pas beaucoup bougée. J’en garde le souvenir impérissable d’une autre époque, celle de mes vingt ans.

Dupont-Circle

Si depuis le mur de Berlin s’est effondré, l’horloge du temps continue de tourner.

Eye-on-America-2De Tocqueville, par ses importants écrits et réflexions sur l’Amérique, inspira la jeune Démocratie Américaine, parait-il. Cette Amérique surprenante que l’on croise toujours à chaque coin de rue, si prompte à nous étonner et dont les symboles inspirent aujourd’hui le Vieux Continent au point qu’elle soit souvent imitée. Gageons cependant que cette nouvelle fièvre monétaire qui agite aujourd’hui le roi dollar, ne vienne pas, une fois encore, affaiblir les plus exposés, les plus faibles et ternir les horizons des plus jeunes.

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Mais n’est-il pas temps de retrouver nos couleurs ?