Brest (3)– Naissance à l’Hôpital Maritime

De sieur Antoine Laurent à Victor Ségalen, il n’y avait qu’un pas …
L’ambiance était au beau fixe dans les jardins de l’Hôpital Clermont-Tonnerre, ces samedi 20 et dimanche 21 septembre 2014 .
Le ciel s’est même mis de la partie. En l’absence de cloche dans la chapelle de l’hôpital, l’aumônier avait dû donner le bon coup de fil qui s’imposait.

Le dimanche après midi, la terrasse du milieu du jardin botanique avait un petit air de
«Jazz sous les Pommiers», comme à Coutances.

La présence de l’excellent Orchestre de Jazz de l’Amirauté qui s’est associée à la troupe de théâtre le temps d’un échange, en présence de Mr le Préfet Maritime ainsi que de Mme la Députée Patricia Adam, donnait à la fête un parfum poétique et surréaliste qu’auraient certainement appréciés Flaubert et Victor Ségalen accompagnés pour la circonstance de ses ambassadrices chinoises.

Il semblerait que depuis les années 1935 aucune troupe de théâtre ne s’était produite dans l’enceinte de l’Hôpital, ces journées du patrimoine renouent donc avec cette tradition d’avant guerre ou musiciens et comédiens apportaient périodiquement un peu de distraction aux personnes hospitalisées. Une renaissance en quelque sorte

L’éphémère petite troupe Brestoise qui s’est produite ce week-end dans les jardins de l’Hôpital Maritime avait pour nom : « Les copains d’abord ». Comme quoi, il suffit parfois de louper le “Coche » pour redécouvrir l’esprit de la camaraderie.

Patrimoine-14-HIA (5)Etrange espèce.

(Crédit vidéo : Bruno Cornen, Antoine Laurent : Jean Marie Philippe,
Joseph de la Martinière : Hervé Ozem, Costumier : Erig le Goff, Texte : Paul Kersaudy)

Précisions sur les lectures de textes, le théâtre, la chorégraphie …

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Evocation de Victor Segalen- Paul – Jean Paul (Photo Bruno Cornen)

Yaping

Interprétation par Yaping d’un poème en chinois, évocation de l’arbre. (Photo Bruno Cornen)

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Yaping (gauche) et Ren Ping (droite) qui fera des démonstrations d’arts martiaux sur des lectures de poème de Victor Segalen et de poème chinois.

Malgré le peu de temps de préparation, trois semaines seulement avant ladite date et les moyens du bord que savent si bien gérer les marins, tous étaient prêts en temps et en heure. C’est avec l’oreille attentive de la Direction du Service de Santé des Armées et la complicité de Commissaire Christophe Lemagnent à qui nous avions proposé cette idée originale pour animer les journées du Patrimoine 2014, dans les jardins de l’Hôpital des Armées de Brest, que ce week-end automnal fut un véritable moment de convivialité et d’expérience artistique réussie.
Il est bon de rappeler que la pérennité et l’originalité de cette déambulation poétique appartiennent donc au petit groupe des 6 comédiens dont les noms suivent :
Jean-Marie Philippe, Jean-Paul Goarzin, Hervé Ozem, Yaping, Ren Ping et Paul Kersaudy. Les costumes sont de Erig Le Goff et un remerciement particulier à Bruno Cornen pour les photos et vidéos des séquences théâtralisées.

Pour le lecteur de cette chronique, la précision de l’annonce de cette naissance nous semblait nécessaire, toute autre revendication de paternité ne serait que pure fantaisie …

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Moment de pause et de convivialité

 

 

 

Dentelle et vague en transparence

Pors-Loubous-aDepuis la nuit des temps, les vagues qui, au cours des tempêtes, façonnent les côtes sauvages du Cap Sizun, sculptent les roches et dessinent sur le rivage de bien étonnantes fresques poétiques.
Ont-elles, un temps, inspiré les brodeuses des coiffes Capistes, Penn-Sardin ou Bigoudènes ?

Coiffe-a

Sous le regard attentif d’anciennes brodeuses et d’une dentellière adepte du point d’Irlande.

Broderie-JK-aLa nature a souvent guidé la main de l’homme dans ses réalisations complexes et délicates.
Que ce soit pour la beauté gratuite ou par nécessité de se doter d’accessoires indispensables à sa vie quotidienne, le « manuel » a toujours su ajouter à son travail la petite touche artistique qui caractérise l’esprit compagnon, celui du beau travail.
Si la machine est aujourd’hui capable de remplacer la main dans ses tâches répétitives, produire en nombre et à bas coûts des objets clonés, rien ne pourra remplacer la passion de réapprendre les gestes ancestraux pour créer d’authentiques pièces uniques, signatures d’excellence et d’un savoir faire maîtrisé.

La transmission de ces gestes réclame patience et enthousiasme.
Cette nouvelle page de blog, dédiée aujourd’hui à la dentelle, mais qui pourrait l’être aussi à la broderie, est à mettre au crédit de David Le Gac,
pour la grande satisfaction de ses stagiaires.

Broderie-Fin-Avril-b

Apprentissage et patience …

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Dextérité et précision, pas de droit à l’erreur …

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Mais au bout du long chemin, c’est la récompense.

Quelques précédents billets abordant le même thème

Pour en savoir plus sur l’histoire de la dentelle en pays Capiste, je vous recommande la lecture de l’excellent ouvrage :
« De la crise de la sardine à l’âge d’or de la dentelle »
Mémoires-Editions Ouest-France.

 A bientôt pour un prochain billet …

Bienvenue à Sein

Ile-Sein-Nov2013

Novembre 2013, Ile de Sein aux paisibles couleurs d’automne …

Pour toi Emilie,
Bienvenue à toi, petit bout de chou,
Bienvenue à toi, sur ce beau caillou.
Certain le pense hostile, à la vie d’un enfant,
Mais quel beau cadeau, que d’être né Sénan.
Quand tu seras plus grande et regarderas Armen
Pense un peu à l’inconnu et à ce phare que j’aime.
Il te protègera des affres de la vie et de ses tourments,
Eclairant ta route comme jadis, celle de tes parents.
Rassurée tu seras par le ballet des dauphins
Recherchant près du Sphinx, la sérénité
Loin des grandes villes et des regards indiscrets
Car il n’y a pas sur terre de plus bel asile,
Qu’un petit bout de Sein, pour hospitalité.

Ile-Sein-Sphinx

L’imperturbable Sphinx veille sur la sérénité ancestrale des Sénans

Autre billet sur cette « Ile du Bout du Monde » (cliquer ici)

Pourquoi ce billet ?

Questionné outre-atlantique, sur le sens de ce dernier billet intitulé «Bienvenue à l’Ile de Sein », je vais tenter de traduire pour mes amis américains l’esprit de ce petit texte dont je ne souhaite garder que l’aspect poétique en restant éloigné de toute polémique.

L’Ile de Sein, pour ceux qui ne la connaissent pas, est une petite île du bout du monde située à quelques kilomètres des côtes bretonnes, à l’extrême ouest de la France. Plus loin il y a le rocher Ar Men et son phare mythique au milieu de l’océan. Plus loin, c’est l’Amérique. Autant dire que cette petite bande de terre, qui ressemble à un atoll polynésien par sa grande platitude, est un lieu où l’air est pur, l’océan parfois sauvage certes, mais toujours familier pour ses quelques habitants. Bref un petit coin de France, où il fait bon vivre et où l’on ne connaît pas ces niveaux de pollutions que la sagesse ilienne laisse aux grandes métropoles.

Pourtant il y a quelques semaines, un jugement des affaires familiales, quelque part dans une grande ville du sud de la France, décide que cette île, « totalement isolée et perdue en plein océan atlantique », serait incompatible avec l’éducation et la vie normale pour des enfants. Par voie de conséquence, une mère se verrait retirer la garde de ses enfants. Mais c’est mal connaître le tempérament rebelle de l’ilienne. Aujourd’hui, une naissance sur l’île vient apporter la preuve que la vie sur le caillou dépasse la logique des hommes de loi qui vivent sur le continent. La dernière naissance à l’Ile de Sein remonterait à 1978. Emilie est bien née sur l’île et pourra même y rester car la petite école vient potentiellement de voir ses effectifs s’accroître de 30 % , encore une logique administrative décidément bien contrariée.

Welcome to Sein Island

Recently questionned about this last post titled « Welcome to the Island of Sein , » I ‘ll try to translate for my American friends the meaning of this little text for which I want to keep the poetic spirit remaining away from any controversy. “Ile de Sein”, for those who do not know , is a small island just a few kilometers from the Britanny coasts in the far west of France . More distant is the rock Ar Men, its mytical lighthouse in the ocean. Farther are the american coasts.
It’s common to say that this little strip of land ( people here call it “the stone”) looks like a Polynesian atoll. With its high flatness it’s a place where the air is pure, the ocean sometimes wild indeed, is still familiar to its few inhabitants. In short, a little corner of France , where it’s pleasant to live and where we do not have the levels of pollution familiar to the large cities. However, a few weeks ago , a justice decision (Family Affairs), from a Law Court, somewhere  in the south of France, decided that this island , « totally isolated in the Atlantic Ocean , » is incompatible with education and normal life for children … » and this judgment deprives a mother custody of her children.
Today , a birth on the island proves that life on earth exceeds the logic of men. A last birth at “Ile de Sein” dates back to 1978. Emilie is born on the island and may even stay because the small school’s effectif is now increasing by 30 %, a new human logic collapse.

Emilie for you,
Welcome to you, sweet little thing,
Welcome to you on this beautiful pebble
Some think hostile to the life of a child,
But it’s a gift than to be born Senan.
When you grow up and look at Armen
Think about it to me cause I love this lighthouse.
It will protect you from the horrors of life and its torments,
Illuminating your path, as formerly that of your parents.
You will be reassured by the ballet of dolphins
Looking near the Sphinx the serenity,
You will be convinced that on this hostile planet
There is not on earth a more beautiful asylum
A little bit of Sein, for hospitality.