Naples (2) – Pompéi

Lorsque l’on évoque Pompéi il vient de suite à l’esprit l’éruption volcanique du Vésuve qui détruisit la cité romaine en 79 après JC.

Plan relief Pompéi

Plan relief Pompéi (Musée National Archéologique de Naples)

Le plan relief exposé au Musée National Archéologique de Naples permet d’avoir une idée de l’étendue de la cité antique. Ce site archéologique de 66ha  n’a cependant été fouillé que sur 45ha, ce qui laisse imaginer l’étendue des vestiges restant à découvrir.
Découvert seulement à la fin du XVIème siècle, les fouilles se sont poursuivies au cours du XIXè siècle. Aujourd’hui, grâce aux moyens informatiques de modélisation il est permis des reconstructions architecturales d’une surprenante précision.

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Le Forum avec au fond le dôme du Vésuve

Pour s’y rendre, le plus simple est d’emprunter le train de la ligne Circumvesuviana que l’on prend à la gare de Naples. C’est ce que nous ferons. La durée du trajet avoisine les 40 mn, si tout va bien, car il n’est pas rare que des pannes ou divers incidents viennent à perturber le voyage, surtout l’indiscipline de certains voyageurs qui n’hésitent pas à sortir des wagons entre deux stations pour prendre l’air et rester discuter, car le Romain est bavard.
De préférence partir tôt le matin, surtout en période estivale, car à midi le soleil étant au zénith, il fait très chaud et les endroits où l’on peut se mettre à l’ombre sont plutôt rares.
Nous étions déjà venus sur le site en 2009 et nous avons trouvé, cet été, beaucoup de différences. Tout d’abord, le périmètre visitable a été considérablement réduit.
Rue

Les visiteurs étant canalisés dans un parcours obligé de type circuit IKEA, ce qui a comme conséquence un afflux de population aux points intéressants de la visite. Il faudrait probablement revenir la nuit pour y trouver l’âme désertique et l’ambiance fantomatique des lieux. Par ailleurs, beaucoup de villas dont les pièces majeures des décorations murales ont été transférées au Musée National Archéologiques de Naples restent inaccessibles au public ou simplement visibles à travers quelques ouvertures protégées par des panneaux de plexiglas inesthétiques quand ce n’est pas simplement barricadées par de lourds échafaudages bâchés au travers desquels on devine une végétation sauvage qui ne demande qu’à reprendre ses droits. Bref un grand décalage par rapport à notre précédente visite de juin 2009, période pré-estivale où le site était beaucoup plus ouvert au public. Il semblerait qu’ici comme dans beaucoup de pays d’Europe, la « Culture des années 2016 » n’échappe pas aux restrictions budgétaires. L’effet conjugué de l’abondance touristique aura comme conséquence directe une réduction de l’espace visitable dans un probable soucis de conservation du patrimoine, ce qui est également compréhensible mais toujours dommageable au caractère authentique d’un lieu d’exception. Une visite au Musée National Archéologique est donc un complément indispensable pour admirer les œuvres majeures qui y sont exposées.
Il faut compter 4 bonnes heures de visite pour faire le tour des ruines et un bon équipement au pied car les rues sont entièrement pavées et les ornières nombreuses. Tongs ou talons hauts à proscrire.

Quelques ornières redoutables ...

Quelques ornières redoutables, pour les chevilles fragiles  …

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Ancêtre du passage clouté, pour traverser la chaussée.

Le forum, (voir plan relief) est au centre de la cité, avec sur le coté plusieurs entrepôts, jadis magasins aux fruits et légumes, qui servent actuellement de lieux se stockage des diverses pièces découvertes lors des fouilles .

Anciens greniers, servant de magasins de stockage.

Anciens greniers, servant de magasins de stockage.

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Arc commémoratif

Le Temple de Jupiter donne un point de vue sur le Vésuve. Sur les coté du Temple il y avait deux arcs commémoratifs dont il ne reste que quelques vestiges.
La basilique-546
Les lieux servent aussi de centre d’exposition à des œuvres plus contemporaines toutes très artistiques et qui se fondent bien dans le paysage et l’ambiance antique comme ici à l’emplacement de la Basilique, lieu le plus somptueux du Forum, dédié à l’administration de la justice.
Impossible d’évoquer une cité romaine sans parler de ses thermes. Ici, sur cette photo est représentée une partie des Thermes du Forum, édifices séparés en deux parties, masculine et féminine, richement décorées.
Therme-Forum-559

Riches demeures aristocratiques
Peintures et mosaïques restent les décorations associées à ces riches demeures.
Cet article n’a aucun autre objet que d’en proposer un échantillon, loin d’être représentatif de toutes les beautés que ce lieu emprisonne. Le musée d’archéologie de Naples consacre un étage complet aux mosaïques des plus belles demeures de Pompéi et de Herculanum. Probablement que l’une des plus représentatives est celle de la Maison du Poète Tragique, représentant un chien sur le pas de la porte avec cette inscription « Cave Canen » (Attention au chien) .
Grand Autel-585        Cave Canen

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7 Jours à Naples avec Alex
Mais ce séjour et ces articles de blog sont aussi dédiés à notre cher Alex, voyage que nous faisions en sa compagnie pour fêter ses dix ans.

OLYMPUS DIGITAL CAMERALe regard affûté et l’œil photographique d’un amateur déjà averti, il m’aura inspiré dans la rédaction de ces nouveaux billets tant par ses commentaires pertinents que par la qualité des photos qu’il a su nous produire au cours de ce voyage et dont je mettrais en lumière quelques exemplaires dans les articles dévolus à ce voyage.  (Ex: photo suivante)

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Thermopolium (tavernes fréquentées par les basses classes)

Fauno-578La villa du Faune est sans doute celle qui inspira le plus Alex. Le sol de la salle de séjour est recouvert d’une copie de la célèbre mosaïque du IIème siècle av. JC, que l’on peut admirer au Musée de Naples, et qui représente la bataille entre Alexandre le Grand et le Roi de Perse Dario. Cette mosaïque est une probable copie datant de 125-120 Av. JC de la peinture Grèque peinte par Philoxène d’Erétrie pour le roi Macédonien Cassandre à la fin du 4ème siècle Av. JC.

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Une idée de la dimension de la mosaïque …

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Une idée du détail de la mosaïque.

Le jardin des Fugitifs
Probablement que personne ne quitte le site de Pompéi sans passer par cet espace dédié au jardin des Fugitifs.
Ici furent retrouvées 13 victimes de l’éruption qui anéantit la cité. Fuyant le déluge de cendres ils ne purent échapper à leur macabre destinée. Les moulages de ces victimes sont regroupés le long d’un des murs du jardin, et protégés par une enceinte en verre.

(Photos prises par Alex)

Digital Camera

Digital Camera

Bon, il est peut-être temps de quitter les lieux avant que le Vésuve ne se mette une nouvelle fois en colère et allons chercher protection auprès d’Hercule ….  Hercule-764Prochaine destination Herculanum.
Rendez vous dans quelques jours, le temps d’une nouvelle rédaction.

Naples (1) – Terre de volcans

Parler de Naples sans évoquer le volcanisme serait réduire cette grande cité Italienne à quelques clichés peu glorieux d’une ville turbulente, aux ruelles sombres, parfois un peu sales, le tout sous influence d’invisibles réseaux mafieux.
Mais tout ceci ne serait que grossière caricature.

Ce voyage, que nous souhaitions entreprendre avec A… pour son dixième anniversaire, nous paraissait une idée originale pour partager avec lui quelques moments de complicité, peut-être aussi alimenter son désir de curiosité et pourquoi pas susciter en lui un attrait supplémentaire pour ses futurs voyages.

Si Pompéi et Herculanum furent bien sûr les points emblématiques de notre voyage découverte, il nous fallait, en préambule, aborder le phénomène naturel à l’origine de l’intérêt que suscite la visite de ces deux sites archéologiques majeurs, dont les tragiques destinées furent jadis étroitement liées à l’activité volcanique de la région.

Solfatara, une belle introduction pour notre voyage
Située dans le golfe de Naples, Solfatara est accessible à partir de Naples.
Le plus facile est de s’y rendre par le train en partant de la Gare Centrale Garibaldi. Une fois arrivé à la gare de Solfatara, le site est accessible à pied. Compter une vingtaine de minutes de marche.

Cratère de Vulcano Solfatara

Vulcano Solfatara, le cratère

Nous l’avions découvert lors d’un précédent voyage en Italie en 2009.
Quelques nuits passées dans le terrain de camping enclavé dans un cratère de volcan, toujours en activité, resteront pour nous une expérience dont nous avons gardé un souvenir inoubliable.

Certes, le site est moins grandiose que celui du Piton de la Fournaise sur l’île de la Réunion, mais tous les ingrédients d’une activité volcanique sont présents : Fumerolles d’où s’échappent de fortes odeurs de soufre, eaux bouillonnantes à la surface desquelles viennent exploser de grosses bulles grisâtres et pâteuses, le tout dans un enclos aride à l’aspect lunaire dont les zones dangereuses sont bien clôturées pour prévenir toute imprudence. Par ailleurs, la zone est sous la surveillance permanente comme en atteste la présence de nombreux instruments de mesure et la fréquence des passages de scientifiques.

Instruments de surveillance du site

Instruments de surveillance du site

Fumeroles-et roche incandescante

La végétation résiste malgré tout

La végétation résiste malgré tout

« Le stufe », aux vertus thérapeutiques
Deux anciennes grottes enclavées dans la roche volcanique à la fin du XIX ème siècle . Utilisées à des fins thérapeutiques pour traiter les affections respiratoires, cutanées ou rhumatismales. Ces deux grottes sont appelées « Purgatoire » et « Enfer » en raison des températures élevées des vapeurs qui s’en échappent : 60 et 90°. Le stufe
Toute la baie Napolitaine reste une région à forte activité sismique. Lors de notre séjour en 2009, le mur de soutènement d’une route menant à Solfatara , près du terrain de camping s’était effondré suite à une petite secousse sismique. Il s’en produit parait-il plusieurs dizaines chaque année, sans que cela n’émeuve semble-t-il la population depuis la nuit des temps.

Voici donc en introduction, le premier article d’une petite série consacrée à notre voyage Napolitain. Dans quelques jours la suite, avec Pompéi.

 

Qui voit Ouessant …

Dans la rubrique “Qui voit …”, je vous emmène à présent à Ouessant.
Loin de moi l’intention de tester la véracité du dicton populaire : “Qui voit Ouessant voit son sang”, car chaque fois que je m’y suis rendu, j’en suis toujours revenu entier.
La dimension de Ouessant est incomparable à celle des îles de Molène ou de Sein et s’il faut plusieurs jours pour bien s’imprégner de l’âme Ouessantine et de celle de ses habitants, l’étape d’aujourd’hui sera une simple escale de quelques heures, le temps de revisiter pour la énième fois le musée des Phares et Balises, rituel désormais devenu familier pour moi, conjuguant à la fois le plaisir d’une balade iodée et l’ambiance païenne d’un pèlerinage, sur les traces ancestrales de mes gardiens de phares préférés.

Départ de Molène, vers Ouessant

Départ de Molène, vers Ouessant

Bien que l’acte photographique ne soit  jamais vraiment absent de mes déplacements, ce petit moment hors du temps, courts instants contemplatifs qu’offre la traversée du Fromveur , sera tourné vers les phares mythiques de la mer d’Iroise.

Balisant l'entrée de Molène, le phare des 3 pierres.

Balisant l’entrée de Molène, le phare des 3 pierres.

La météo est changeante ce matin. Les températures sont plus fraîches et la traversée du Fromveur, en cette période de grandes marées (coefficients de 116), laisse entrevoir, par le nombre impressionnant de rochers à fleur d’eau, l’extrême dangerosité des lieux .

Balise de Korn Men

Balise de Korn Men et le phare de Kéréon dans la brume du matin.

Au premier plan Kéréon , au fond la silouette du phare de la Jument.

Au premier plan Kéréon , au fond, sur la gauche,  la silhouette du phare de la Jument.

Plan Ouessant

Comme dans toutes les îles, les phares sont les sentinelles.

L’île d’Ouessant, et les Ouessantines, connues sous le nom des « Filles de la Pluie »,
indissociable image d’Epinal d’une île où l’homme serait le grand absent car toujours parti en mer, pour la pêche, la marine nationale mais surtout ici, la marine de commerce. Ses absences pour de longues semaines, de longs mois, ont conduit les femmes à prendre une part prépondérante dans la conduite de la société ouessantine. Passage obligé pour comprendre l’esprit ouessantin, l’écomusée du Niou.

Ecomusée du Niou

Ecomusée du Niou


L’esprit des Phares
A la pointe du Pern, située à l’extrême ouest de l’île, la côte livre son ambiance sauvage et mystérieuse. Côte découpée et bâtisses abandonnées, vestiges d’une activité désormais disparue. L’homme aurait-il abandonné son travail de veille ?
Ouessant (24)Clair obscure sur Nividic

L’emblématique phare du Créac’hPhare Créac'h

Cette photo fut prise le même jour que les précédentes, mais en début d’après midi.
Elle surprend par sa clarté et contraste avec les ambiances brumeuses de la traversée du Fromveur  qui eut lieu le matin vers les 10h. C’est cela aussi la magie des paysages de mer, sans cesse changeant. Ici, il faut être patient et saisir le moment propice, c’est la nature qui commande et cela se mérite.

Certes le phare du Creach est le plus puissant, celui de l’ile Vierge le plus haut d’Europe, Keréon le plus, le plus …. Les superlatifs ne manquent jamais pour mettre en valeur le patrimoine. Il n’en demeure pas moins que pour moi le plus familier restera Armen tant il s’inscrit dans une histoire personnelle que j’aimerais partager avec vous à travers ces dernières images.

Tout d’abord celle-ci, réplique de la chambre des gardiens du phare d’Armen qui est exposée au musée des Phares et Balises, sur l’espace du phare du Créac’h.

Chambre Armen (2)
En regardant ces chaussons, je me prends à imaginer qu’ils datent peut-être des années 20 et auraient appartenu à l’ancêtre alors gardien d’Armen. Mise en scène édulcorée, d’espaces probablement plus austères.

Fresnel-Armen (1)

Derrière l’œil magique des lentilles de Fresnel, on dirait le regard d’un hibou, se cache la source lumineuse dont les vapeurs de pétrole et le sifflement strident des gaz enflammés rythmaient  jadis le quotidien du guetteur solitaire. L’allumage, instant de tous les dangers, à l’époque où le combustible était le pétrole, restait le moment le plus redouté du gardien de feu.

Manchon-Armen (3)

Manchon d’allumage, siège de la flamme du phare d’Armen.

J’avais agrémenté un précèdent billet sur Tévennec, d’une courte vidéo réalisée à partir de textes produits lors d’un atelier d’écriture à la Maison du Théâtre de Brest en 2013. Alors comme l’occasion se représente d’évoquer Armen, je vous propose un petit retour en arrière. Un jour de 1923 …


Et à bientôt pour un prochain billet …