Naples (5)–Centre historique

Après plusieurs jours de balades intensives, une immersion dans le vieux Naples s’impose comme une évidence.
Difficile de résumer un séjour à Naples en quelques lignes, quelques images. Ce serait injustement réducteur et tout simplement impossible.
A chacun ses thèmes de prédilection, musées, histoire , arts, gastronomie, religion. Il y en a pour tous les goûts et ce n’est pas le riche passé de la cité gréco-romaine, qui a subi tant d’influences à travers son histoire, qui laissera le visiteur sur sa faim.
Naples, comme toutes les villes chargées d’histoire, demande à être vue de l’intérieur. Alors, guidés par notre instinct et l’envie de flâner, nous partons à sa rencontre en empruntant la via Tribunali qui nous conduira au Musée National d’Architecture, passage obligé de tous visiteurs.

Naples-Musee Archeologique (14)  Masque Pulcinella (2)Pièce maîtresse du Musée National d’Archéologie, le « Taureau Farnèse »
côtoie tant d’autres sculptures, aux dimensions impressionnantes …

Le vieux Naples pour se laisser surprendre …

Naples-Hotel (2)C’est aussi du linge aux fenêtres, pratiquement sur toutes les
façades des habitations …
Naples-Hotel (3)Des rappels à la dévotion à tous les coins de rue …
de la plus petite crypte ou chapelle, à l’imposant édifice.

Eglise Gesù Nuovo. Ancien palais jusqu’en 1900 ce bâtiment est désormais une église au style baroque.

Mais c’est aussi le bruit, les voitures et scooters qui circulent avec des règles de conduites anarchiques qui n’appartiennent qu’à Naples …
Et les légendaires compositions artistiques d’un « Street Art » au style peu esthétique dont s’inspirent parfois chez nous, aussi hélas, certaines corporations pour exprimer leurs colères …

Mais heureusement le regard se tourne très vite vers des lignes
de fuites plus poétiques.
Naples-Vieille ville (4)

  Naples-Vieille ville (16)   Naples-Vieille ville (26)
Enfilades infinies, puits de lumières où ombres et lumières se croisent
pour le plaisir des photographes.

Car ici, tôt ou tard, tout est Art …

Et les marchands du temple sont nombreux …

Naples-Vieille ville (22)

Culte de la dévotion oblige, et ses bibelots en terre cuite …

Naples-Vieux quartier (6)

Confections de crêches de Noël et santons, rue San Gregorio Armeno

Un rendez vous poétique avec un facteur de masques. 
Naples est aussi la ville qui s’identifie au théâtre, au rang duquel la célèbre Commedia dell’arte et son personnage emblématique de Pulcinella (petit poussin) plus connu sous nos latitudes comme le personnage de Polichinelle.
Masque Pulcinella (1)Bien sûr le quartier ne manque pas de boutiques vendant des masques de toutes sortes en terre cuite, en carton ou en plastique venus d’Asie, rien d’authentique donc, pour cet art créatif dont la fabrique en cuir, aujourd’hui, est devenue denrée rare.
J’avais, par le passé en 2009, rencontré l’un des derniers facteurs de masques dédiés à cet art des planches, mais j’avais décliné l’offre d’achat du masque qu’il se proposait de me confectionner, dissuadé par le coût élevé qu’il m’en demandait. Je ne discutais pas évidemment la justification de son travail car comme toute œuvre manuelle et artistique celle-ci a ce supplément d’âme inestimable.
Je n’étais pas très loin de son atelier et je n’aurais pas beaucoup de peine à le retrouver.

Seul, sur le pas de la porte de son atelier, il semblait n’attendre que ma visite.
Je le reconnu sans peine.
Je ne sais pas si la réciproque fut vraie, car la dernière fois j’avais du lui laisser un arrière goût amer en déclinant son offre de masque, me contentant de ne prendre de son travail que quelques photos souvenirs.

Comme tout atelier d’artiste celui-ci semble un peu désordonné.  Des chutes de pièces de cuir semblent se languir sur quelques étagères poussiéreuses. Des gouges sur un coin d’établi attendent l’inspiration du maître. Ci et là des croquis, dessins, esquisses inachevées, des affiches de théâtre aussi décorent les murs, attestant leurs gloires passées.

 

Plus loin, dans le fond de l’atelier, une presse que je devine ancienne avec ses deux boules en cuirs, tels des poings de boxeurs qui semblent me menacer. Sur l’établi un masque de Polichinelle et son moule de forme, probablement en céramique. Les yeux fermés Polichinelle fait la sieste, attendant d’être réveillé.
Aujourd’hui c’est promis, je sortirais de l’antre avec le trophée et même si je dois me ruiner.

« C’est un peu de mon cœur qui part avec vous », me dira l’artiste.

Quant au prix me direz vous ?  Polichinelle cette fois, gardera son secret .

A bientôt pour un autre sujet. 

Naples (4) – Ile de Procida

Avec la chaleur de la cité Napolitaine, il est tentant de rechercher un petit coin de fraicheur. Rien de tel après les visites poussiéreuses des sites archéologiques qu’une balade en bateau et une baignade pour remettre un breton en forme.
Difficile cependant de faire un choix pour une excursion d’un jour. Capri et Ischia sont trop grandes et trop recherchées par les touristes. C’est pas notre truc et puis Capri c’est fini !
En Finistère, nous sommes davantage habitués aux îles à dimension humaine comme Molène, Sein, Batz, authentiques havres de tranquillité. Alors nous jetterons notre dévolu sur Procida, plus conforme semble-t-il à notre côté misanthrope . Et puis nous avons avec nous un petit marin de 10 ans qui n’aspire qu’à deux choses, piquer une tête dans l’eau puis se rafraichir d’une glace. Des plaisirs simples donc, bien éloignés des turbulences bling-bling de “la haute société” et des pistes de danses de la jet set.

Carte baie de Naples

Nous prendrons donc le bus n°151, place Garibaldi à destination du port où nous arriverons une demie-heure plus tard dans le but de trouver un embarquement.
Seulement voilà, arrivés au port, nous sommes confrontés à des queues interminables devant les caisses des différentes compagnies qui se partagent le commerce des transports touristiques. C’est quelque chose de déroutant pour celui qui ne s’est pas préparé, d’affronter une telle marée humaine. Bateau rapide, pas rapide, tarifications et horaires opaques, le choix ne semble pas facile et les vendeurs peu disponibles à me renseigner.

Heureusement que parfois la providence est  au coin de la rue ou dans une file d’attente. J’entends à mes côtés deux dames parlant français renseignant des touristes un peu paumés comme moi. Je profite de leur bonne connaissance du terrain pour, à mon tour, solliciter leurs conseils avisés. Justement elles aussi sont en partance pour la journée, à destination de Procida. Elles se proposent de nous accompagner pour prendre les billets. Le bateau partant dans moins d’une demie heure, il faut vite se décider.
Grâce à l’intervention de nos deux fées, sur lesquelles le charme de notre Alex avait du opéré, nous obtiendrons même une réduction ….. car pour qui parle bien italien  “bambino” semble ici le sésame nécessaire pour négocier le bon tarif. Celui-ci toutefois reste élevé (36 € A/R).
Ainsi va la vie du routard, changeant de plan au dernier moment et se laissant surprendre à la croisée des chemins. Alex est ravi, il pourra se rendre à la plage et c’est sous le regard protecteur de nos deux accompagnatrices que nous embarquons pour de nouvelles aventures.
Bateau Procida
Le bateau sur lequel nous partons est de type catamaran, plutôt rapide (environ 40 mn)
Procida (10)
Nous quittons le port de Naples sous grande protection.
Procida (5)
Sur fond de brume de chaleur, car il fait encore plus de 30°, le Vésuve se dessine dans le sillage du ferry de la compagnie Caremar.Ville-Naples-Vue de mer-1Le port de Naples et la vieille ville s’offrent comme un décor de théâtre lumineux.

Procida (7)Le trafic maritime est très dense et nous croiserons beaucoup de ferries. Une maison phare domine le cap Miseno.Traversee Procida

La contemplation fait partie du voyage, puis nous arrivons à Procida.
Les maisons colorées donnent directement sur le port où sont amarrées de nonchalantes embarcations de pêcheurs.

Enfin la plage. Peu fréquentée, au sable noir et brulant le lieu nous rappelle que la région est volcanique.Plage-Procida

J’en profiterai pour faire un petit tour dans les ruelles désertes … ici c’est l’heure de la sieste.

Et toujours le linge aux fenêtres …

 Procida (8)

Puis c’est l’heure du retour. Après avoir quitté nos deux fées providentielles Elisabeth et Elsa, non sans un petit pincement au cœur, cette page leur est dédiée, nous reprendrons le chemin de l’hôtel. Demain sera un autre jour…

A très bientôt donc, pour le prochain billet … et une nouvelle rencontre.

 

 

 

 

 

 

Naples (3) – Herculanum

Moins étendue que Pompéi, mais ayant subi un sort identique, la petite cité de Herculanum, située entre Naples et Pompéi, est probablement un lieu plus attrayant car mieux conservé et surtout moins fréquenté. Pour ma part, j’ai une petite préférence pour ce site car sa situation dans une cuvette permet d’avoir une vue en surplomb sur les ruines de la cité, ce qui permet de s’imprégner de la topographie des lieux avant la visite.
C’est en quelque sorte un plan relief grandeur nature qui est ici proposé au visiteur.

La cité enfouie, avec en arrière plan le Vésuve (Photo Alex K)

La bonne conservation des lieux est en partie due à cette cuvette, qui proche des coulées de laves du Vésuve fut ainsi recouverte d’une croute protectrice d’une vingtaine de mètres d’épaisseur. Les 3/4 restant encore à découvrir.

Herculanum (38)

Ici se trouvaient les limites portuaires de la cité, car autrefois elle était située près de la mer. On reconnaît à l’architecture de ses nombreuses cavités l’emplacements des magasins dans lesquels d’impressionnantes présences nous ramènent à l’éruption volcanique de 79 après JC.

Digital Camera

Photo Alex K

Ercolano (Herculanum) est placé sur la même ligne de train Circumvesuvia entre Naples-Sorrento. Il est possible, pour les plus courageux d’entreprendre la visite les 2 sites le même jour à condition cependant de faire Pompéi très tôt le matin, on se réservera la visite d’Herculanum sur la route du retour. L’achat d’une carte « Campania Artecard » comme Pass touristique valable 3 jours pour 32€ donne accès gratuit à 2 sites touristiques (50 % à partir du troisième) et comprend les transports dans Naples et sa région. C’est un bon investissement qui sera vite rentabilisé.

La visite du site d’Herculanum, comme celui de Pompéi est indissociable de la visite du Musée, où se trouvent exposées les plus belles pièces, peintures ou mosaïques.

Les thermes

Les thermes

Herculanum (17)

Mosaïques à la thématique marine (Photo Alex K)

Mosaïques à la thématique marine (Photo Alex K)

Herculanum (18)

Peintures murales richement décorées

Le Collège des Augustales, prêtres affranchis, membres d’un ordre dédié au culte impérial. Le collège fut érigé à Herculanum lorsque Auguste était toujours en vie.

Collège es Augustales (Photo Alex K)

Collège des Augustales (Photo Alex K)

 Herculanum-Colleg des Augustales (5) Herculanum-Colleg des Augustales (6)

Herculanum-Colleg des Augustales (1)

Herculanum (31)

Villa de Balbus

Bas relief de Téléphus se faisant soigner dans la villa de Balbus

Bas relief de Téléphus, roi de Mysie et fils d’Hercule qui se fit soigner d’une blessure inguérissable par Achille.

Incontournable Musée d’Archéologie de Naples
Si le site est bien conservé, il n’en demeure pas moins que les plus belles pièces, peintures et mosaïques se trouvent exposées dans un lieu plus adapté à leur conservation.
Comme ces peintures qui viennent d’Herculanum et qui représentent la femme au diptyque et stylo, en quelque sorte l’ancêtre de notre tablette informatique ….Femme-Stylo-Hercu-Musee(36)   Femme-Stylo-Hercu-Musee(40)
ou bien cette mosaïque d’une impressionnante finesse représentant Lycurgue et Ambrosia en présence de Dyonisos.
Lycurgue-Herulanum-Musee(27)

Et le Vésuve dans tout çà ?
Oui c’est vrai, je ne pouvais pas faire l’impasse de vous en parler.
Après Pompéi et Herculanum, nous avons choisi volontairement de terminer la tournée des sites par le Vésuve, responsable de la renommée actuelle des deux cités anéanties.
Une randonnée, un peu physique avec une température de plus de 30°, qui demande un minimum de préparation, surtout des chaussures adaptées et quelques réserves d’eau.Vesuve (16)
Etonnante l’insouciance de certains touristes, pieds nus dans des savates, parfois en talons hauts. Ceux-là en général s’arrêtent aux premières difficultés, ce qui est dommage quand on entreprend un tel déplacement car aller jusqu’au bout du circuit autorisé vaut vraiment le détour pour une bonne observation du cratère ainsi que pour profiter pleinement de la vue superbe sur la baie de Naples lorsque le temps le permet.

Plusieurs excursions sont possibles en partant de Naples, mais avec les conseils avisés de personnes ayant déjà effectué cette balade et leurs retours d’expériences, il nous a semblé que le meilleur plan était de prendre le train Curcumvesuvia de la gare de Naples jusqu’à Pompéi.
Depuis la gare de Pompéi, il est alors possible de prendre le car de la société EAV, car bleu, qui pour la somme de 2,70€ nous amène au parking du site. Cette solution est à préférer à celles des excursions clé en main, car moins chère. De plus on reste libre de son horaire de retour (environ une navette par heure entre 9h40 le matin et 17h40 le soir).
Un petit bémol cependant à signaler, qu’il est préférable de connaître avant de s’y rendre. Le bus dépose les clients à l’entrée du site, mais la billetterie est 400m plus bas, ce qui oblige les visiteurs à descendre sur une route encombrée et étroite, en se faufilant entre les cars de touristes qui n’arrêtent pas leurs navettes. Autre surprise, le Pass 3 jours n’est pas valable pour ce site et la gratuité pour enfant n’est valable que si celui-ci a une taille inférieure à 1,20m. Avec un personnel de caisse peu aimable, on a parfois le sentiment d’être pris au piège d’une tarification peu explicite qui, aux dires d’habitués, semble en augmentation d’année en année (prix du billet 10€).
Ces petits tracas vite oubliés le site reste splendide. La végétation odorante et colorée rayonne jusqu’au sommet, à 1281 mètres, où les marchands du temple vous attendent de pied ferme. Un peu cher le jus d’orange …
Vesuve (29)

Comme des chenilles processionnaires, les cars de touristes sillonnent du matin au soir la longue et sinueuse route étroite, mais une fois au sommet, une petite brise salvatrice retape le bipède engourdi qui, le temps d’une pause contemplative, est paré à reprendre le chemin du retour.
Vesuve (14)

Digital Camera

Du haut de ses dix ans, Alex a aussi des mollets de montagnard … (Photo Alex K)

Vesuve (17)
Il fait très chaud depuis plusieurs jours et en altitude un voile se pose sur l’horizon, mais elle est bien là la mer et le golfe de Naples qui nous laisse entrevoir les sillons des nombreuses navettes qui relient les îles de Capri, Procida ou Ischia.
Bon c’est promis Alex, demain on change de direction et on va piquer une tête dans la grande bleue.

A bientôt pour la suite du voyage …