Louisiane (2)- Les bayous

Air-Boat-054Évoquer la Louisiane sans parler de ses bayous, c’est comme parler de la Bretagne en ignorant ses dolmens et ses menhirs. Ce fut un plaisir non dissimulé de se balader sur ces vastes étendues d’eau en faisant, pour une fois, une entorse au bon sens écologique. L’Amérique est probablement le pays où tout est possible et une balade en air-boat, pour aller caresser le museau des alligators, ne se refuse pas.
Glisser sur les champs de nénuphars avec un monstre d’acier rugissant, slalomer entre les branches de cyprès à cent à l’heure, puis se retrouver en silence, au milieu de la mangrove d’où ne s’échappent que quelques cris d’animaux intrigants, laisse un impressionnant sentiment d’être hors du temps.

Carte-Bayous

Au sud de Lake Charles, Calcasieu Lake est un espace de protection de la nature

Terre de marécages, la Louisiane s’est développée le long des rives du Mississipi qui déverse ses alluvions dans le Golf du Mexique. Cette région se trouve, dans de grandes proportions, sous le niveau de la mer, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux conditions climatiques, ouragans, tempêtes tropicales, inondations. L’ouragan Katrina fin Août 2005 reste encore dans toutes les mémoires.

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Arbre mythique de Louisiane, les racines des cyprès donnent des nombreux rejets.

LibelluleOn oublie un instant les moustiques et autres insectes aux dimensions impressionnantes pour une immersion dans un monde fantastique, propice à alimenter les imaginaires les plus fertiles en quête de nouvelles dimensions. Merlin l’enchanteur ou la cité interdite ne doivent plus être très loin.

Lake-Martin-1

La mousse espagnole

Des branches de ces cyprès, tombent comme des guirlandes, en étranges chevelures appelées mousses espagnoles. Les arbres en sont couverts. Leur utilisation jadis permettait de faire le « bousillage » des maisons, un enduit mélangé à de la boue.
Cette mousse a l’apparence de ces matières abrasives que l’on utilise pour le nettoyage des ustensiles de cuisine. Les indiens attakapas et houmas exploitaient déjà ces fibres pour leurs multiples propriétés. Le bois de cyprès est également beaucoup utilisé dans la fabrication de l’ameublement, la sculpture, sans oublier la construction, pour sa très bonne résistance à l’humidité. Certains de ces arbres ont plus de 400 ans d’âge.

Air-Boat

Photo prise au Lac des Allemands entre la Nouvelle Orléans et Baton Rouge. Un airboat tours qui nous avait été conseillé avant notre départ, expérience décoiffante.

Mais sans ces embarcations particulières, les air-boats, il serait certainement difficile de se déplacer sur ces étendues d’eaux impressionnantes et variées. Tantôt marécages, prairies inondées, labyrinthes obscurs ici s’entremêlent branches et lianes, rendant la navigation périlleuse. Les embarcations à fond plat et sans hélice immergée, sont de véritables tout terrain qui permettent d’aller partout, même de sauter des obstacles. Pour ce qui est de la quiétude de la faune, c’est une autre histoire. Mais le silence cela se mérite, n’est-ce pas ?

Et la faune ?

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Il est vrai que ces étendues verdoyantes, comme ici à Lake Martin, sont des havres de paix qui recèlent de belles cachettes pour toutes les espèces animales.  Référencé par le guide du Routard pour être un lieu assez en retrait des circuits touristiques, Lake Martin nous a particulièrement séduit. Oiseaux, reptiles, tortues, insectes …
Il faudrait des jours et des jours pour faire le tour de cette nature si dense et hostile à l’homme. On mesure combien ces vastes espaces sont des sanctuaires pour les amoureux de la nature. La frustration de ne pouvoir tout voir, incite à revenir.

HeronDes colonies d’oiseaux de toutes sortes, hérons, ibis, canards …
Et bien d’autres espèces terrestres, aériennes, ou amphibies.

Tamanoir

Insolite rencontre d’un tatou peu pressé

Tortue

Nous rencontrerons à plusieurs reprises des tortues traversant les chemins et les routes …

Jeune-Aligator

Mais j’allais oublier l’essentiel, un jeune alligator traversant notre chemin.

Aligator

Mais attention les parents ont toujours l’œil sur leur progéniture…

Mais il y a des rencontres plus amicales

Shoctaw-Bridge-aAlors que nous venions de visiter l’usine Tabasco à Avery Island, nous prenons des chemins de traverses, la Sanchez Road en direction de Kremer, près de Thibodaux.  Nous nous dirigeons à travers la forêt marécageuse, lorsque traversant un pont au niveau de Shoctaw, nous décidons d’une halte, le temps de prendre quelques photos du paysage.
Deux jeunes bravant le danger et plongeant dans la mare, peut-être infectée de Gators, viennent échanger quelques mots avec nous. Avec une spontanéité qui nous surprend, Brian nous proposera gracieusement de nous faire découvrir la mangrove avec sa barque équipée d’un puissant moteur. Après quelques hésitations nous acceptons l’invitation. Ce sera notre première découverte des bayous de Louisiane.

Brian

Brian, you didn’t know at that time, but it was a wonderful birthday gift ..

Pour lire le précédent article sur la Louisiane cliquer ici

Louisiane (1)- Brest-New Orleans

Je vous propose, dans ce nouveau billet et les quelques autres qui suivront, une difficile sélection de photos et quelques impressions de notre dernier périple en Louisiane.

Un vol sec aller-retour Paris-Houston, une chambre d’hôtel réservée le jour de l’arrivée, c’est plus confortable, une location de voiture et le Guide du Routard en poche, c’est ma référence, et qui plus est, un bon produit Breton.

Pour le reste, tout est possible en Amérique; trouver un hébergement sans se ruiner, faire de surprenantes rencontres, bref, le dépaysement total. Alors, « On the road ? »

Kiosque à musique

Kiosque à musique

De mes premiers concerts de jazz, auxquels j’assistais enfant dans les années 50 devant le kiosque à musique de la Place Wilson de Brest, à la « Second line Parade » de Bourbon Street, dans laquelle je me suis fait aspirer la semaine passée comme par une tornade dont est coutumière la région, il n’y avait qu’un pas à franchir.

New-Orleans-(6)

Car les liens, qui unissent le port de Brest à celui de la Nouvelle Orléans, sont si discrets et pourtant si forts, qu’ils méritaient de m’être un peu plus dévoilés.

L’histoire du jazz, celle de l’esclavage, les liens historiques de la France avec les territoires Cajuns autant qu’Acadiens, et les expériences théâtrales des « Tonnerres de Brest 2012 », ont été probablement les éléments déclencheurs de ce voyage, à la rencontre de nos cousins français d’Amérique, et quelles rencontres !

C’est en effet à Brest, en 1917, qu’arrivèrent du continent américain les troupes engagées sur le front de Verdun. Et parmi elles beaucoup de soldats noirs venant des Etats du Sud, dont la Louisiane.

C’était déjà de Brest que partirent, dans les années 1810, les troupes de Rochambeau pour aider à la construction de la nouvelle nation américaine. Lafayette, ici, est bien plus qu’un symbole.

Certes, la ville de la Nouvelle Orleans n’est pas la Louisiane, comme Paris n’est pas la France et si j’ai choisi de commencer mes billets par cette ville dont les stigmates de Katrina (août 2005) sont encore perceptibles, c’est que l’on trouve ici comme dans tout le pays Cajun une énergie festive propice à surpasser les malheurs d’une population maintes fois meurtries par les affres du climat tropical ou la folie dominatrice de commerces peu glorieux, que furent les années d’esclavage puis la ségrégation raciale.

Second Line Parade

Second Line Parade, initialement était un rituel d’accompagnement des enterrements…

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En tête de cortège, le Grand Marshal, maître de cérémonie, précède le Brass Band

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A son signal, les spectateurs situés de part et d’autre du cortège peuvent à leur tour participer au cortège, c’est la Second Line Parade.

Brass-Band

Le Brass Band et l’incontournable hymne funéraire « Close Walk with Thee »

Une adresse à ne pas manquer …

Trouver un hébergement à cette saison ne nous a pas posé de problème.

Dans le Quartier de Garden District, notre choix s’est porté sur le Saint Charles Guest House, et nous n’avons pas été déçus, car l’accueil et le coût de la nuitée raisonnable (75$ , breakfast compris) nous permettront un séjour des plus agréables.

Référencée dans le Guide du Routard, c’est une bonne adresse située à quelques stations de Tram du Quartier Français. Le côté un peu désuet ajoute à cet établissement, bien tenu, une authenticité appréciable que ne procurent pas les chaînes hôtelières modernes.

St-Charles-Guest-House

De plus le quartier est clame et sûr, nous avons pu y garer notre voiture, ce qui est un confort lorsque l’on sait que les coûts de parking à la Nouvelles Orléans, comme dans les autres villes, sont assez élevés (20$ environ pour la journée).

St-Charles-Piscine

Un pass transport à 3$/jour permet d’utiliser les transports en commun à volonté sur un cycle de 24 heures. Le trafic se terminant à 4 heures du matin, cela laisse de la marge aux amateurs de Jazz et de bières pour rentrer tranquillement à l’Hôtel.

Une piscine pour se rafraichir reste appréciable car les températures avoisines les 100°F soit 38°C et le taux d’humidité est constant à 80%. Nous sommes sous les tropiques.

Piscine Guest House St Charles

Piscine Guest House St Charles

Une ambiance très cool, très années 70. Merci à Dennis Hilton, le patron des lieux, pour ces longues conversations au bord de la piscine, dès le matin au breakfast, où nous échangerons nos points de vues sur la société, l’histoire et autres propositions de découvertes littéraires. Car ici nous sommes dans une bibliothèque, il n’y a pas de télévision mais des livres partout, à la disposition des hôtes.

Thanks to you Dennis for theses long and pleasant talks, so short however. We should come back. Sorry you were not home when we left. Glad to meet you.

Des rencontres toujours accueillantes

La musique aussi est présente à chaque coin de rue, surtout à partir de 17h lorsque les températures commencent à décliner.

Trompettiste

Trompettiste

Avoir un passeport français est toujours un cézame car il sera accompagné d’un « Welcome la France ! » et d’un air de musique, « Oh, when the saints », ou Marseillaise.

Mais les conversations reviennent souvent sur la période de l’ouragan 2005 et de multiples recommandations nous sont faites de ne pas nous aventurer dans certains quartiers, abandonnés par la population. Si le Quartier Français, Uptown, Garden District ont été épargnés, il n’en fut rien des zones habitées par les plus pauvres dont les maisons ne sont toujours pas reconstruites. Cette zône, au Nord Ouest de Trémé n’est donc pas sûre. Nul besoin de s’y promener pour se rendre compte qu’ici, comme dans beaucoup d’endroits de la planète, le monde est partagé entre richesse et pauvreté.

Guitariste Faubourg Marigny

Guitariste Faubourg Marigny

En nous promenant dans le Faubourg Marigny, considéré comme le quartier des artistes, nous poursuivrons nos rencontres musicales. Notre attention sera attirée par le son d’une guitare.

Nous nous arrêtons un instant devant le domicile d’un homme qui, pour notre grand plaisir, joue à la guitare un air de Django Reinhard. C’est une dédicace spéciale pour toi Charles, lorsque tu liras cette page de blog.

Après nous être entretenus avec lui, nous nous sommes échangés nos coordonnées. Jim Perrett, guitariste professionnel, me dit être déjà venu jouer à Paris. Avec son accord je vous incite à visiter son site web en cliquant ici.

Quelques morceaux de musiques sont disponibles à l’écoute en cliquant sur « Cheaps Snails », des vidéos également visibles sur YouTube. Une autre façon de partager avec vous ces moments de pur bonheur.

Thanks Jim, for this musical post card, we enjoyed to meet you.

Après la musique, la peinture. Ouvert 8 jours de la semaine, comme l’indique le panneau à l’entrée de l’atelier, cet artiste, Français d’origine, nous a ouvert les portes de son temple avec l’enthousiasme qui caractérise si souvent ces artistes atypiques et débordants d’imagination.

Peintre

Simon Hardveld Peintre

Son frère, restaurateur, habite en France le petit village de St Cirq Lapopie. Si vous passez par là, ne manquez pas une visite à « l’Auberge Le Sombral ».  Il m’a demandé de faire un peu de pub pour lui. Il faut bien que les rencontres servent à quelque chose, non ?

Merci pour ton accueil Simon, continue à recycler les Bidons de Exxon Mobil pour les transformer en solides Totems qui exorciseront j’en suis sûr les prochains ouragans. Beaucoup de Bleu, Blanc, Rouge … mais il est vrai que nous sommes à quelques jours de « Independance Day, du 4 juillet »

Independance Day 4th July

Independance Day 4th July

Il m’a été très difficile de faire une sélection de photos sur la Nouvelles Orléans, tant la ville héberge une multitude d’artistes, tous aussi passionnants les uns que les autres.

Un peu plus loin, une autre rencontre. Merci à Russel Desmond, le bouquiniste de la « Librairie d’Arcadie », francophone passionné et passionnant, que nous avons découvert grâce à la lecture du Guide du Routard et qui nous a guidé avec une patience remarquable dans nos choix de bouquins. J’ai rapporté dans mes bagages deux pièces de théâtre, « La maison d’Os », de Rolland Dubillard et « Chant public devant deux chaises électriques », de Armand Gatti.

Un salut également à David G.Spielman, photographe de la Prytania Street avec qui nous avons longuement parlé photographie en visitant sa superbe galerie. Il ne travaille la photo Noir et Blanc qu’en argentique car, me dit-il, « I’can’t watch my films though a CD »

Et combien d’autres artistes surprenants, le soir venu dans Bourbon Street.

Bourbon Street s'anime de statues vivantes

Bourbon Street s’anime de statues vivantes

Pour ceux qui ne sont pas saturés de mes divagations, je vous proposerai, dans les prochains jours, la suite de notre périple.

Riverboat Dock

Riverboat Dock

Arrivés à Houston, nous avons de suite pris la direction de la Louisiane car nous souhaitions ne visiter que cette région. Les Etats-Unis sont si vastes et les distances si grandes que pour s’imprégner d’un lieu il faut prendre le temps de s’immerger.

Mais LAFAYETTE d’en tout çà ?

Lafayette Square

Lafayette Square

Je terminerai cette page sur ma quête historique du voyage. Ici à la Nouvelle Orléans, comme dans beaucoup d’autres villes de Louisiane, la présence française est visible et le souvenir de cette présence très bien entretenu. Beaucoup de noms de rues telles Bourbon Street, Napoléon Avenue, Chartres Street, French Market, Vieux Carré …

A bientôt donc, pour la suite du périple, car il y a encore plein d’autres rencontres qui attendent.

La tête dans les étoiles

 C’était un samedi de Juin 2013, au Relecq Kerhuon,
commune des rives de l’Elorn, du Finistère.
Mazarine n’est pas venue mais l’esprit de Pierre Sanquer rayonnait.
Ils étaient tous venus, amoureux des verbes, des mots.
Même en silence parfois, le langage des signes est si beau.

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Inauguration de la médiathèque François Mitterrand. (Samedi 8 juin 2013)

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Livres et « Nouvelles Technologies » unies pour le plaisir de découvrir.

Tant de forêts …
Tant de forêts arrachées à la terre
et massacrées
achevées
rotativées
Tant de forêts sacrifiées pour la pâte à papier
des milliards de journaux attirant annuellement
l’attention des lecteurs sur les dangers du déboisement des bois et des forêts.
Jacques Prévert (La Pluie et le Beau Temps)

C’est pourtant si beau, un poème écrit, sur un papier.

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Livres et « Nouvelles Technologies » unies pour le plaisir de découvrir.

La Compagnie Moral Soul anima la manifestation par de surprenantes chorégraphies.

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Mediatheque-LRK-6Mediatheque-LRK-8Mediatheque-LRK-9Mediatheque-LRK-10Une médiathèque c’est aussi un peu, le toit du monde, non ?