Brest sous une pluie, d’images

S’il est des pluies que l’on aimerait voir se transformer en déluges ce sont bien celles qui nous sont promises par la météo photographique du moment.
Brest la blanche, la rebelle, de noir et blanc vêtue pour la circonstance, reprendra dès demain des couleurs au gré du 9ème festival photographique, Pluie d’Images.
Une trentaine de lieux d’expositions sont programmés, pour le plus grand plaisir des photographes, qu’ils soient professionnels ou amateurs.

Du 19 janvier au 1er Mars 2013, la population est donc invitée à déambuler dans ces lieux d’expositions, mais aussi à se saisir d’un appareil photo, afin de pousser plus loin son imaginaire sur les thèmes proposés, du Transit et de la Perspective.

Chacun doit pouvoir s’approprier cet espace temps que représente ces semaines de rencontres pour poussez un peu plus loin sa curiosité, porter son regard sur la ville, ce qui l’entoure. Nul besoin d’être expert en la matière pour « faire » de la photographie, encore moins d’être muni du dernier matériel high-tech.
L’oeil, irremplaçable complice pour la circonstance, doit sortir les mains de ses poches et partir à la rencontre de tout ce qui l’émeut, le touche.
Alors si dans les jours qui viennent vous voyez, par ci par là, crépiter quelques éclairs vous saurez tout simplement que vous êtes à Brest, une ville du Tonnerre.

Bonnes semaines de rencontres et de découvertes à tous. Et surtout, faites nous partager vos travaux.

Pluie-d'images

Cette pluie d’images est, je vous l’accorde, moins poétique.

Reflet-grue

Il est vrai que ce genre de photo ne peut pas être fait dans le désert, à moins qu’il ne s’agisse d’un mirage.

Siam

Un tram nommé désir. J’ai patienté,  il n’est jamais venu. Et pour cause, il était tombé en panne dans la nuit.

Jean-Jaures

ab-pierre mairie mor-glaz

Bureau-Main-d'oeuvrePas très esthétique je vous le concède. Voici un lieu que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.
Je me devais, dans un soucis de mémoire ouvrière, de saluer ce bâtiment qui fut jadis un haut lieu de l’activité portuaire de Brest.
Maintenant il y l’ANPE et les entreprises de travail temporaire, mais cela c’est une autre histoire.

ComediaMais Brest est aussi une ville d’artistes et de théâtres qui ne demandent qu’à exister.

SkateD’une jeunesse qui ne demande qu’à vivre et s’exprimer.

Raisl-TramIl suffit d’être sur les bons rails,Cours-d'AjotDe prendre le bon escalier,QuartzPour atteindre les sommets.

Ah! j’allais oublier.
Il me fallait tout de même une image pour coller au thème du transit.
Alors mouillez-vous, vous avez trouvé ?
Laissez moi vos commentaires, je vérifierai.
TNI-Posterise-a Toutes les photographies insérées dans ces pages sont les travaux exclusifs de l’auteur du blog.
Dans un prochain billet, je vous parlerai plus précisément des techniques que j’utilise pour des prises de vues particulières et post-traitements dans ma recherche de détournement des photos scienfiques à des fins artistiques.

Je vous propose en attendant, une petite visite sur le site de Pluie d’Images en cliquant sur ce lien :  www.festivalpluiedimages.com

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Enfants du Tonnerre de Brest, de Barbara, ou d’ailleurs …

Au calme, après la tempête,
Brest, aujourd’hui relève la tête.

Contre vents et marées,
Sa rue de Siam, si souvent chahutée,

Faisant une fois encore, table rase de son passé,
Vous souhaite en ce premier Janvier,

Tout simplement, une très Bonne Année.

Arsenal-Brest-C1

Ambiance feutrée de fin du monde sur la Penfeld. Vue de l’emplacement de l’ancien bagne.

Brest-Travaux-Tram-C

2012, une vision d’apocalypse sur la rue de Siam en travaux.

Tx-Tram-C

Fin 2012, les travaux achevés, du passé faisons table rase.

Brest enfin retrouve sa sérénité.
Cap sur une nouvelle année.

Recouvrance-C

Fin du Monde ou faim du monde ?

Simple hommage à ceux qui par la faim et la misère sont déjà dans la fin du monde.

(Texte inspiré par la « Chanson des sardinières » de Jacques Prévert.)

Ritournelle d’un monde sans fin

Comme lui mon gars, oui des grèves j’en ai fait.
Jamais pour le plaisir mais toujours pour manger.
Salaire de misère, mille métiers, mille galères,
Courbant souvent le dos, il apprit à se taire,
Sans lendemain toujours fut sa vie de précaire.
Mais jamais à genoux, il n’était pas vicaire.
Il me parlait souvent de 36 et de sa guerre.
De ses combats sociaux et de ses bras de fer.
Travailler, travailler çà il savait le faire.
Et de ses mains meurtries, il en était si fier.
Tu seras marin mon fils, aimait-il à me dire,
Au moins c’est un métier tourné vers l’avenir
Mais sans jamais te plaindre ni encore moins gémir,
Les mains sales tu auras, sans jamais en rougir.
Car les basses besognes, les coups tordus et bas,
Ne seront jamais les armes de tes nobles combats.
Ouvrier émérite au salaire mérité,
Ce que tu as conquis tu ne l’as pas hérité,
Manuel, manuel tu avais aussi un front,
Qui savait rester digne, face à un patron.
Les cordons de la bourse étaient tenus par la mère,
Et les économies pour les jours de galère.
Mais quand venait le dimanche, en cravate, les mains propres,
La bourgeoise à son bras, il narguait les patrons.
Là au moins aujourd’hui, ils ne me prennent plus pour un con
Me prêchait-il souvent du haut de son balcon.
Puis la fièvre monta et il changea de ton.
C’est la lutte finale, tout le monde sur le pont.
Le Biafra, le Vietnam, les enfants du napalm,
Le monde ensanglanté les pauvres sur la paille.
Qui s’en souvient encore aujourd’hui,
De la guerre des six jours, de Brest sous la pluie,
Des noirs d’Amérique, aux révoltes héroïques,
De ce si beau mois de Mai et de ses coups de triques.
Des combats du silence, et de la dissidence
La page est bien tournée que vive l’opulence.
Nos jeunes seront heureux, on travaillera pour eux.
On aura des vacances, encore des vacances,
Des robots voyageurs pour décrocher la lune
Des chemises à fleurs en guise de costume,
La télé en couleurs et plein d’électronique,
Ordinateurs pervers pour nous foutre la nique.
Politique, politique, tout est si poli, si lisse, sans éthique
Y’a qu’à voter pour ceux qui ont l’esprit logique.
A tous ces ânes bourrés de tant de mathématique,
Y’a qu’à filer nos sous, ils feront plus de fric.
Si petit à petit l’oiseau fait son nid,
Petit à petit grossit son appétit.
Classe ouvrière, laborieuse, travailleuse
Tu as peu à peu cédé ta place, à la classe mafieuse.
Paradis financiers, à la pensée unique.
Toujours dans le même esprit, rester apolitique.
Pour notre bien, bien sûr mais pour la génétique,
On mettra même en fiche le nourrisson critique.
Les petits turbulents fantasmagoriques,
Qui ne demandent qu’à vivre, faudrait-il qu’on les pique ?
Car dans le ventre fécond de la mère chômeuse
Sans emploi, sans futur, déjà si malheureuse,
L’embryon contagieux est peut-être maléfique.
On n’ va quand même pas s’ laisser piquer tout notre fric.
Les damnés de la terre en ont assez donné
Condamnés par tant d’errance, sans parachute doré.
Eux qui ne demandent pourtant, qu’à vivre et qu’à bosser.
Risquent encore un jour de vouloir tout cabosser.  PaulK