Athènes (2)- Cour ou jardin ?

A l’image des théâtres antiques de l’Acropole, Athènes est une immense scène ouverte.
Ici cependant, la Grèce moderne côtoie sans cesse son passé, comme prisonnière de ses décors antiques.
Touristes, migrants et habitants se mélangeant au gré de leurs déplacements dans ce décor théâtral aux accents d’une nouvelle tragédie Grecque.
Beaucoup d’images se présentent à mon insatiable objectif, sans que je ne sois toujours en mesure d’en décrypter le sens. N’ayant personne pour m’expliquer ou me commenter les détails des nombreuses inscriptions qui s’affichent sur les murs, je sens bien que tous ces messages sont autant de cris de désespoir qui n’ont rien à voir avec une quelconque expression poétique de type Street Art. Ces inscriptions, tags et banderoles sont si nombreux qu’il semblerait que tous les murs de la ville en soient recouverts.
Le pouvoir magique des images est parfois maléfique. Mes photos et commentaires ne seront donc ici que le résultat de ma perception du réel, nous sommes en voyage, pas en mission de reportage. Ceci étant dit, il serait indécent de nier la réalité de la souffrance d’une grande partie de la population Grecque qui reste cependant digne dans l’adversité.
Que de contrastes en effet entre le luxe de certains édifices et le délabrement de bâtiments publics ou privés, dont l’entretien semble comme figé quand ce n’est pas totalement abandonné.
  Eglise orthodoxe   Immeuble en cours de restauration
Mais ce qui dérange le plus, c’est ce que l’on ne voit pas, que l’on devine. Cette vie clandestine dans les jardins publics où des toiles de tentes et campements de fortunes abritent les exclus de la terre, exclus économiques autant que réfugiés des pays en guerre et que les Grecs accueillent avec une si grande humanité.Jardin-publicLes conditions de vie imposées aux Grecs rendent leur vie chaotique. Comme le montre la photo suivante. La National Technical University, crée en 1836 est la plus ancienne et prestigieuse institution éducative de Grèce. La colère s’exprime sur les grilles de l’établissement régulièrement fermé pour faits de grèves depuis 2013.Devant la National Technical Univerisity

Image de crise sociale et humanitaire

Image de crise sociale et humanitaire

La crise est évidente à qui ne tourne pas la tête et ne se refuse de la voir. Le luxe relatif de notre hôtel et nos conditions de vie touristique, qui sont loin d’être arrogantes, nous permettent seulement d’être les témoins impuissants de ces immenses disparités.

Terminal Bus

La première image qui s’offrit à nous au terminal du bus de Green Park

National Bank of Greece

Un des bâtiments de la National Bank of Greece, aujourd’hui à l’abandon.

Théâtre sinistré

Théâtre sinistré

Il serait injuste de focaliser nos regards sur ces images négatives, mais il faut reconnaître que nous avons été surpris du nombre important de bâtiments en ruine, abandonnés, non entretenus. Ces images témoignent cependant d’une réalité qu’il est difficile d’occulter, de même que l’omniprésence policière et militaire aux grandes artères d’une ville sans cesse secouée par des mouvements sociaux, grèves à répétitions et manifestations de rue. Le dimanche 22 mai 2016, les métros étaient en grève et une manifestation se déroulait aux abords du Parlement dans lequel siégeait une session extraordinaire pour voter une nouvelle augmentation du taux de TVA.
Dès le lendemain, les Grecs silencieux s’arrêtent devant les kiosques à journaux, certainement préoccupés par leur devenir.

Les journaux et leurs nouvelles, pas toujours rassurantes

Kiosque journaux-1

L’envers du décor
Une fois n’est pas coutume, l’envers du décor peut aussi apporter son lot de bonnes surprises. C’est un peu la face cachée de la capitale.
Le printemps est bien installé et les jardins publics que l’on peut parcourir sans déranger les occupants, offrent une vision de la Grèce plus paisible. Comme ici dans le National Garden aux abords du Parlement.Jardin national

Zappeion

Bâtiment Zappeion

Dans le jardin National, le Zappeion. C‘est dans ce bâtiment construit au milieu du XIXème siècle que furent signés en 1981 les documents d’entrée de la Grèce dans la Communauté Européenne. Cet espace sert actuellement de lieu de congrès et de culture.

Zappeion-Cour

Cour intérieure du bâtiment Zappeion

Olympieion-1

Ce qu’il reste du Temple de Zeus, 15 colonnes …

A quelques encablures du jardin National, la porte d Hadrien et l’Olympiéion temple dédié à Zeus.
Et en remontant vers le parlement, le stade Olympique datant de 1896.

Stade olympique

L’Université, l’Académie et la Bibliothèque Nationale sont regroupées et proches du Parlement.

Université

L’Université …

Université d'Athènes-Fresques

Détail sur les fresques du bâtiment principal de l’Université.

Bibliothèque Nationale

La Bibliothèque Nationale

Détails architecturaux sur les toits de l’Académie et de l’Université.Grece (293)

Pope

 

 

On ne peut évoquer la société Grecque sans parler du poids de la religion et de la présence d’un clergé particulièrement présent, qui ne semble pas très affecté par la crise …
(mais ce n’est peut-être qu’une impression)

Sérénité

Eglise Byzantine Kapnikaréa, datant du 11ème siècle. Près de la place Monastiraki

Mal de tete

 

Bon j’arrête pour aujourd’hui car comme beaucoup de Grecs je commence à avoir mal à la tête et je vous dis….

 

 

 

A très bientôt pour la suite du voyage …

 

Précédent article : Athènes (1)- Escapade grecque

Nuit blanche à Tévennec.

C’était en 2013, une nuit de février, à la Maison du théâtre de Brest.
Une nuit pas tout à fait ordinaire, à laquelle j’allais participer.

Le contexte
Un petit groupe d’une dizaine de stagiaires, volontaires pour une expérience d’écriture singulière, pour laquelle très peu d’entre nous n’étions préparés.
Seule contrainte, se sentir prêt à passer une nuit blanche, dehors, dans le froid de la nuit hivernale, nuit consacrée à l’écriture dramatique lors d’une déambulation dans les rues de Brest.

L’organisation
Le stage débuta un samedi soir à 18h, dans les locaux de la Maison du Théâtre où nous étions réunis pour une présentation des objectifs.
Puis, huit étapes, soigneusement choisies par l’équipe de la Maison du Théâtre et notre coach Filip Forgeau, comédien et metteur en scène professionnel. Des lieux publics ou des espaces privés serviront simplement de décors afin de canaliser notre imaginaire. Un cimetière, un quai de gare, un port de pêche et de commerce, un tram, un lieu désert, un taxi, les couloirs d’un hôtel, enfin au milieu de la nuit une discothèque.
Par petits groupes, nous y serons conduits, sans pouvoir communiquer entre nous ni connaître à l’avance le lieu de notre future “immersion”.
Comme simple support à notre réflexion, quelques feuilles de papier et un crayon. Pour le reste, place à l’imaginaire.
Chacun était libre du thème qu’il allait aborder, fiction, autobiographie, courte nouvelle, ainsi que de la forme qu’il allait lui donner, monologue, texte dramatique, poésie, dialogue de théâtre …
Notre seul impératif était de restituer les textes au petit jour, le dimanche matin, après une courte phase de mise en forme, aidés de notre traitement de texte préféré. Ces textes serviront ultérieurement de base à une restitution orale lors d’autres stages d’acteurs.

Maison du Théâtre de Brest

Maison du Théâtre de Brest

Le texte, matériau du comédien
L’écrit est souvent la matière première de l’acteur, comme la partition celle du musicien ou du chanteur. J’aurai la surprise quelques mois plus tard d’entendre l’un de ces textes sur les ondes d’une radio locale. Les écrits, que nous avions partagés, ayant été utilisés par d’autres comédiens amateurs lors d’un nouveau stage, dédié au travail sur la voix, cette fois.
Longtemps ces textes sont restés cachés dans les méandres de mon ordinateur. Amateur de photographies, de vidéos, de théâtre et de phares, au nombre desquels celui de Tévennec, je me suis amusé à faire un petit montage que je vous propose à l’écoute ….

Une nuit d’octobre 1908 …
Inspiré d’un fait réel, ce texte s’est lentement imposé à mon écriture, probablement distillé par l’inconsciente traversée nocturne de lieux, aux caractères et situations parfois insolites …

Pour resituer l’histoire, un retour en arrière s’impose : Tévennec, dernière facétie

Et à bientôt, pour de nouvelles histoires …

 

 

Brest (6) – « Mots Ecrits »

Mémoire brestoise de la Grande Guerre
Elles s’appelaient Jeanne, Line, Marguerite, Perrine, Louise, Adolphine,
Eux Jean, Louis, Adolphe, Charles, Alphonse, Guillaume.
Elles, femmes, adolescentes, enfants, loin du front.
Eux soldats, marins, plongés au cœur de l’horreur de la guerre.

Le projet « Mots Ecrits »
Mots” Ecrits”, projet théâtral initié par la comédienne Sophie Bourel, fera revivre à travers des écrits oubliés, les correspondances intimes des acteurs de ces périodes dramatiques que furent les années 1914 à 1918.

Souvenirs enfouis depuis tant d’années, écrits jaunis, conservés comme des talismans reprendront, le temps d’une soirée, des couleurs d’espérance afin que soit chassé des esprits vaporeux cet oubli si propice au retour de la haine destructrice des hommes.

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Long travail de lecture au pupitre

Comédiens d’un soir, amateurs pour beaucoup, artistes jeunes et moins jeunes, partageront durant 3 jours, d’intenses préparations, un travail de lectures pour faire sortir de notre mémoire collective ce que furent ces années sombres de notre histoire.

Mots-Ecrits-4-Mars-d

Longs moments de répétition, toujours debout, une pause est bien venue.

Ce projet, soutenu par le service Patrimoine de la ville de Brest, les archives Municipales et le Service Historique de la Défense s’inscrit de fait dans un savant travail de transmission de l’histoire de notre ville aux jeunes générations.

Une évocation à Adolphe Mahieux
La mémoire du compositeur Brestois, Adophe Mahieux (1892-1931) sera évoquée lors des lectures, par l’intervention de Yéléna, violoncelliste au conservatoire de Brest.
Mots-Ecrits-5-Mars -e

Il est difficile de citer tous ceux et celles qui ont participé à ce projet sans risquer d’en oublier. Ils se reconnaitront dans l’anonymat des Jean et des Line, personnages auxquels ils ont prêté leurs voix sur la scène du Mac Orlan, lors du spectacle du jeudi 5 mars 2015.

Un résumé du travail de lectures
 

Rendez-vous dans un mois pour un prochain billet